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Maroc : le rappeur Mehdi Black Wind remis en liberté provisoire

Le tribunal correctionnel d’Aïn Sebaâ à Casablanca a ordonné, ce vendredi 31 juillet 2026, la remise en liberté provisoire du rappeur et réalisateur marocain Mehdi El Youbi, connu sous son nom de scène « Mehdi Black Wind », tout en décidant de poursuivre la procédure judiciaire à son encontre en état de liberté.

Cette décision intervient après l’acceptation par la juridiction de la demande de mise en liberté provisoire déposée par la défense de l’artiste, placé en détention préventive depuis la mi-juillet dans le cadre de poursuites pour « outrage à une institution constitutionnelle », sur la base de l’article 179 du Code pénal marocain.

La chambre correctionnelle a également reporté l’examen de l’affaire au 2 octobre prochain. Me Sara Soujar, membre du collectif de défense, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) que son client n’avait, à ce stade, reçu aucune notification lui interdisant de quitter le territoire marocain. Elle a toutefois estimé qu’il était encore prématuré de fixer une date pour son retour en France, où il réside depuis plusieurs années.

L’affaire remonte au 10 juillet, lorsque Mehdi El Youbi a été empêché d’embarquer à l’aéroport de Rabat-Salé alors qu’il s’apprêtait à regagner la France. Il avait alors reçu une convocation de la Brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca.

Entendu le 13 juillet par les enquêteurs, l’artiste a ensuite été placé en garde à vue avant d’être présenté, le 15 juillet, au parquet, qui avait ordonné sa détention préventive et son renvoi devant la chambre correctionnelle du tribunal d’Aïn Sebaâ.

Parallèlement à l’audience de ce vendredi, un rassemblement de soutien s’est tenu devant le tribunal, réunissant des militants des droits humains, des artistes et des acteurs de la société civile. Les manifestants ont brandi des portraits de Mehdi Black Wind ainsi que des pancartes appelant à sa libération et à la protection de la liberté d’expression et de création artistique.

L’arrestation du rappeur avait suscité une large vague de solidarité au Maroc et à l’étranger. Des centaines d’artistes, d’intellectuels et de défenseurs des droits humains avaient signé des pétitions réclamant sa libération, tandis que plusieurs rassemblements de soutien avaient été organisés dans différentes villes européennes. Des organisations de défense des droits humains avaient également appelé à l’abandon des poursuites, estimant qu’elles étaient liées à ses œuvres et à l’exercice de sa liberté d’expression artistique.

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