Le Maroc a franchi, ce mardi à Nador, une nouvelle étape majeure dans le renforcement de son infrastructure numérique avec l’inauguration officielle de la station d’atterrissement du câble sous-marin Medusa, un projet d’envergure internationale porté par le groupe Orange, en partenariat avec inwi. Cette réalisation stratégique conforte la position du Royaume comme plateforme régionale et internationale de connectivité numérique, reliant l’Afrique du Nord à l’Europe et au bassin méditerranéen.
À cette occasion, Hind El Fallah, directrice exécutive d’Orange Maroc, a souligné que le projet Medusa constitue une infrastructure structurante destinée à accroître significativement les capacités de connectivité internationale du pays et à renforcer la résilience des réseaux. Elle a précisé que le câble sous-marin est composé de douze paires de fibres optiques, dont deux paires sont exploitées dans une première phase par Orange Maroc et inwi, avant une ouverture progressive à d’autres clients lors des prochaines étapes.
La responsable a expliqué que le projet ne se limite pas au déploiement du câble sous-marin, mais englobe également la construction d’une station d’atterrissement CLS, réalisée sur une durée de près de 15 mois, ainsi que plusieurs infrastructures techniques complémentaires, dont le Beachman Hall, assurant la jonction entre la côte et les réseaux terrestres.
Sur le plan international, Hind El Fallah a indiqué que le groupe Orange a contribué activement à la mise en œuvre du projet à travers sa filiale Orange Marine, chargée de l’opération de pose du câble, avec un raccordement à d’autres nœuds stratégiques, notamment Marseille, tandis que la Tunisie sera connectée ultérieurement via le même système.
Elle a également mis en avant l’alignement du projet Medusa avec la stratégie nationale de mutualisation des infrastructures et de coopération entre opérateurs, saluant le partenariat stratégique avec inwi. La dirigeante a, par ailleurs, rendu hommage au soutien déterminant des autorités locales et régionales, en particulier la Wilaya de l’Oriental, pour la facilitation des procédures, la mise à disposition du foncier et l’accompagnement continu tout au long des différentes phases du projet.
Dans son intervention, Hind El Fallah a insisté sur la place croissante de Nador en tant que pôle économique émergent, porté par d’importants projets structurants dans les domaines portuaire, autoroutier, ferroviaire et énergétique. Le projet Medusa vient, selon elle, compléter cette dynamique et renforcer l’attractivité de la région pour les investissements numériques et industriels.
Elle a enfin souligné que cette infrastructure vise à permettre à l’ensemble des acteurs économiques — grandes entreprises, PME, startups et institutions publiques — de bénéficier d’une connectivité de très haute qualité, soutenant ainsi la transformation digitale et le développement économique durable du Royaume.
De son côté, Nabil Lahlaou, directeur technique d’inwi, a qualifié l’atterrissement du câble Medusa de jalon décisif dans le renforcement de la connectivité internationale du Maroc et d’étape structurante pour l’amélioration de la qualité et de la résilience des réseaux nationaux et internationaux.
Il a estimé que ce projet constitue une avancée significative en matière de souveraineté numérique, positionnant le Maroc sur les axes stratégiques de connectivité entre l’Afrique, l’Europe et le bassin méditerranéen. Selon lui, cette nouvelle infrastructure contribue à sécuriser les échanges numériques et à répondre aux défis techniques croissants liés à l’explosion des usages de données.
Nabil Lahlaou a précisé que la liaison directe Nador–Marseille vient renforcer les infrastructures existantes, en améliorant la redondance et la continuité du service, avec un impact direct sur la fiabilité des réseaux et la qualité des services offerts aux citoyens et aux entreprises. Cette fiabilité constitue, selon lui, un pilier essentiel pour la généralisation de l’accès au très haut débit et la réduction de la fracture numérique.
Il a rappelé qu’inwi place, depuis sa création, le principe de la démocratisation de l’accès au numérique au cœur de sa stratégie, en rapprochant les technologies des besoins réels des citoyens et en favorisant une inclusion digitale effective à l’échelle nationale. Il a également souligné que la disponibilité d’une connectivité internationale performante est un facteur clé pour l’attractivité des investissements, la compétitivité des entreprises et le développement de l’économie du savoir.
Intervenant lors de la cérémonie, Norman Albi, directeur général de Medusa Cable Systems, a indiqué que les travaux d’atterrissement du câble à Nador ont atteint une phase déterminante, ajoutant que le Maroc figure parmi les premiers pays effectivement connectés dans le cadre de ce vaste projet régional.
Il a expliqué que le projet Medusa s’étend sur près de 9 700 kilomètres, dont environ 2 200 kilomètres ont déjà été installés, représentant la dernière phase de chargement initial du navire câblier. Il a précisé que la complexité du projet a nécessité une mise en œuvre par étapes successives. Une fois achevé, le réseau atteindra une longueur d’environ 8 700 kilomètres.
Selon Norman Albi, le câble sera prochainement raccordé à la station d’atterrissement, puis au réservoir principal du système, permettant un lien direct et continu entre le Maroc et Marseille, avant son entrée en service prévue fin janvier ou début février, avec des capacités de très haut débit.
Il a insisté sur l’importance de la coopération étroite entre les autorités publiques et les opérateurs télécoms, estimant que la mutualisation des infrastructures est un facteur clé de réussite pour les projets stratégiques à dimension continentale.
Pour sa part, Adrien de Bassompierre, représentant de la Banque européenne d’investissement (BEI), a qualifié l’arrivée du câble Medusa à Nador de réalisation stratégique majeure dans le renforcement de la connectivité numérique entre le Maroc et l’Union européenne. Il a rappelé que le projet, soutenu par l’UE et la BEI et réalisé par AFR-IX, ambitionne de connecter à terme 12 pays, contribuant à l’intégration régionale et à l’innovation.
Le coût global du projet dépasse 400 millions d’euros, dont 40 millions d’euros sous forme de subventions européennes, avec des financements additionnels prévus de la BEI. Le câble offrira des capacités inédites, avec 24 paires de fibres optiques, pouvant atteindre 20 térabits par seconde par paire.
Adrien de Bassompierre a conclu en soulignant que Medusa dépasse le simple cadre technologique pour devenir un symbole d’un partenariat euro-méditerranéen ambitieux, visant à réduire la fracture numérique, soutenir la recherche, l’éducation et l’entrepreneuriat, et renforcer durablement la position du Maroc comme hub régional incontournable du numérique.