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Rabat, capitale de la « Sportech » : La MDJS et le Ministère de la Transition Numérique tracent le futur du sport intelligent (vidéo)

Le coup d’envoi de la 3ème édition du « Sportech Summit » a été donné ce mercredi 21 janvier 2026 à Rabat. Entre ambitions technologiques mondiales et souveraineté numérique, cet événement s’impose comme le carrefour incontournable pour faire du Maroc un hub régional de l’innovation sportive.

Le paysage sportif marocain vit une mutation historique. Sous le patronage du Ministère de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration, la Marocaine des Jeux et des Sports (MDJS), en partenariat avec l’accélérateur Accelab, a inauguré aujourd’hui les travaux de la troisième édition du Sportech Summit. Réunis au sein de l’Institut National Supérieur de Musique et d’Art Chorégraphique, experts, décideurs et entrepreneurs se penchent sur un enjeu de taille : la fusion entre la performance athlétique et l’intelligence artificielle.

Invitée d’honneur de cette session inaugurale, Mme Amal El Fallah Seghrouchni, Ministre de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration, a rappelé l’urgence de cette transformation. « Le sport ne saurait plus être appréhendé comme une simple pratique ou un divertissement. Il constitue désormais une industrie à part entière », a-t-elle affirmé, soulignant que l’industrie sportive mondiale a généré plus de 520 milliards de dollars en 2024.

Pourtant, un paradoxe persiste : le sport reste moins digitalisé que d’autres secteurs. Pour le Maroc, l’opportunité est immense. En s’appuyant sur la vision « Maroc Digital 2030 », le Royaume ambitionne de capter une part des 130 milliards de dollars de revenus additionnels que l’IA et la donnée pourraient injecter dans le secteur sportif mondial chaque année.

L’un des moments forts de cette journée a été l’annonce officielle de la nouvelle promotion du programme « Stadium ». Ce dispositif d’accélération porté par la MDJS confirme son efficacité : trois startups issues des éditions précédentes ont déjà réussi à lever des fonds substantiels, oscillant entre 2 et 5 millions de dirhams.

Ces succès concrets démontrent que les solutions locales — qu’il s’agisse d’analyse de données pour les athlètes ou de gestion intelligente des infrastructures — sont prêtes pour le marché international. La Ministre a d’ailleurs insisté sur le rôle des Instituts JAZARI, véritables centres d’excellence dédiés à l’IA et aux grands événements sportifs, pour consolider cette expertise nationale.

Alors que le Maroc s’apprête à accueillir des compétitions mondiales majeures, le panel intitulé « Concevoir des stades au pixel près : comment les grands événements inspirent les pionniers de la Sportech en Afrique » a captivé l’audience. Les intervenants ont exploré comment l’infrastructure intelligente peut métamorphoser l’expérience des supporters, aujourd’hui en quête d’immersion et de personnalisation.

« Seules 30 % des organisations sportives dans le monde utilisent actuellement des technologies de personnalisation, contre 90 % dans le commerce », note le rapport de la conférence. Un fossé que le Maroc compte combler en réinventant la billetterie, le merchandising et l’engagement digital.

Le sommet a également célébré l’excellence opérationnelle. L’Association pour la Promotion du Sport en Entreprise (APSE) a procédé à la remise des trophées de la ligue de football électronique (E-sport) organisée en ligne. Cette initiative souligne la volonté de la MDJS de ne laisser aucun segment de côté, de la pratique physique aux plateformes numériques.

En conclusion de cette première journée, le message est clair : le futur du sport marocain sera technologique ou ne sera pas. Entre la connectivité Cloud, le cadre réglementaire modernisé et l’éclosion de talents locaux, le Maroc ne se contente plus d’accueillir des matchs ; il conçoit les outils qui définiront le sport de demain.