Société

Conférence mondiale sur le travail des enfants à Marrakech : le Maroc face à une nouvelle étape de son engagement

Des avancées réelles, des défis à consolider. À l’approche de la Conférence mondiale de Marrakech, le Maroc est appelé à franchir un nouveau cap dans la lutte contre le travail des enfants.

À quelques mois de la Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants, prévue à Marrakech du 15 au 17 juin, le Maroc aborde une séquence importante de son engagement social. Ce rendez-vous international constitue à la fois une reconnaissance des efforts engagés et une opportunité d’accélérer les dynamiques en cours. Les indicateurs disponibles confirment un recul du phénomène, dans un contexte de renforcement progressif des politiques publiques.

Les données les plus récentes du Haut-Commissariat au Plan attestent de cette évolution. En 2024, près de 101.000 enfants âgés de 7 à 17 ans exerçaient une activité économique, soit 1,3 % de cette tranche d’âge. La baisse observée sur plusieurs années traduit l’impact des politiques menées en matière d’éducation, de protection sociale et d’amélioration des conditions de vie.

Cette dynamique positive s’accompagne toutefois de disparités. Le phénomène tend à se concentrer dans certains territoires et à prendre des formes moins visibles. Une part des enfants concernés reste exposée à des activités à risque, tandis que la déscolarisation demeure un facteur déterminant.

Ces situations renvoient à des réalités socio-économiques bien identifiées. Le travail des enfants s’inscrit principalement dans des environnements où l’accès aux services publics reste limité et où l’économie informelle joue un rôle structurant. Dans ces contextes, il relève souvent de mécanismes d’adaptation des ménages face aux contraintes économiques.

Face à ces enjeux, les politiques sociales ont connu une montée en puissance notable. L’extension de la couverture sociale et les dispositifs d’appui aux familles contribuent à atténuer certaines vulnérabilités. Leur consolidation progressive constitue un levier essentiel pour renforcer les effets déjà observés.

L’école apparaît, dans ce cadre, comme un facteur déterminant. Les progrès en matière d’accès sont significatifs, mais la question du maintien dans le système éducatif demeure centrale, en particulier dans les zones les plus exposées. La lutte contre le décrochage scolaire s’impose ainsi comme un axe structurant pour prévenir le travail précoce.

Au-delà du contexte national, cette problématique s’inscrit dans une dynamique mondiale. Malgré une tendance à la baisse, le travail des enfants concerne encore des millions de mineurs à travers le monde. Cette réalité souligne l’ampleur du défi et la nécessité d’actions coordonnées.

Dans ce contexte, la Conférence mondiale de Marrakech revêt une portée stratégique. Elle offre au Maroc l’opportunité de mettre en avant les progrès accomplis, de partager son expérience et de renforcer ses partenariats. Elle constitue également un levier pour impulser une nouvelle phase, davantage orientée vers le ciblage des zones et des populations les plus vulnérables.

Les perspectives reposent ainsi sur une approche plus intégrée, articulant politiques sociales, éducatives et territoriales. Le renforcement des mécanismes de suivi et l’amélioration de l’efficacité des interventions permettront d’accompagner plus finement les dynamiques engagées.

En définitive, le Maroc dispose aujourd’hui d’acquis solides et d’une trajectoire engagée. L’enjeu consiste désormais à consolider ces avancées et à en amplifier l’impact. La Conférence mondiale de Marrakech peut, à ce titre, marquer une étape décisive, en inscrivant durablement l’action publique dans une logique de résultats et de progrès continu.