Politique

Sahara marocain : la Colombie reconnaît la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud

La Colombie a annoncé, vendredi 7 août à Cali, une évolution majeure de sa position sur la question du Sahara, en reconnaissant la souveraineté du Royaume du Maroc sur ses provinces du Sud. Cette décision a été annoncée lors d’un entretien entre le ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et le vice-président colombien José Manuel Restrepo, en présence du ministre colombien des Relations extérieures, Omar Bula Escobar.

« La Colombie reconnaît la souveraineté du Maroc sur son Sahara », a déclaré le chef de la diplomatie colombienne, officialisant ainsi le changement de position de Bogotá. Le vice-président José Manuel Restrepo a qualifié cette évolution de « nouveau départ » dans les relations entre les deux pays et exprimé la volonté de la Colombie d’établir avec le Royaume un partenariat stratégique.

Cette annonce marque une rupture avec l’orientation adoptée sous la précédente administration colombienne. En 2022, le gouvernement de Gustavo Petro avait rétabli les relations diplomatiques avec la pseudo-RASD, après plusieurs années d’interruption. Le nouveau positionnement de Bogotá traduit désormais un changement de cap sur ce dossier et un rapprochement assumé avec la position du Royaume.

Nasser Bourita a qualifié la décision colombienne d’« historique », estimant qu’elle est de nature à donner un nouvel élan aux relations bilatérales. Le ministre marocain a également mis en avant les complémentarités entre les deux économies et la possibilité pour le Maroc et la Colombie de constituer des plateformes respectives vers l’Afrique et l’Amérique latine.

La portée de cette évolution dépasse ainsi le seul cadre du dossier du Sahara. Bogotá affiche son ambition de renforcer ses relations politiques et économiques avec Rabat, notamment à travers le développement des échanges commerciaux et des investissements. Une visite officielle au Maroc est également annoncée pour novembre, ouvrant la voie à la concrétisation de cette nouvelle orientation.

Pour le Royaume, la position colombienne revêt une importance particulière dans un contexte de consolidation progressive de son soutien international sur la question de son intégrité territoriale. Elle renforce également la dynamique engagée en Amérique latine, où plusieurs États ont progressivement fait évoluer leur position en faveur de la souveraineté marocaine sur le Sahara et de l’Initiative d’autonomie proposée par le Maroc.

Le changement de cap de Bogotá intervient par ailleurs dans un contexte international marqué par un soutien croissant à l’Initiative marocaine d’autonomie comme cadre de règlement politique du différend. Il conforte la stratégie diplomatique du Royaume visant à élargir le soutien à sa position au sein des différentes régions du monde.

Avec cette décision, la Colombie rejoint ainsi la dynamique internationale favorable à la souveraineté du Maroc sur son Sahara et ouvre une nouvelle étape dans ses relations avec Rabat. Pour le Royaume, l’enjeu sera désormais de transformer cette évolution diplomatique en un partenariat durable, à la fois politique, économique et stratégique.