Politique

Maroc-Israël : vers le relèvement des représentations diplomatiques au rang d’ambassades

 

Le Maroc et Israël ont convenu de franchir une nouvelle étape dans leurs relations diplomatiques, avec le relèvement du niveau de leurs représentations respectives au rang d’ambassades et la nomination d’ambassadeurs, à l’issue d’une réunion diplomatique trilatérale tenue mercredi 16 septembre à New York, avec la participation des États-Unis.

L’annonce a été faite à l’issue d’une rencontre réunissant le ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, son homologue israélien Gideon Sa’ar, ainsi que l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz. Selon les informations communiquées par le ministère israélien des Affaires étrangères, les trois parties ont réaffirmé leur engagement à prendre une série de mesures visant à renforcer les relations entre le Maroc et Israël.

La principale mesure annoncée porte sur la transformation des missions diplomatiques actuelles des deux pays en ambassades et sur la nomination de représentants au rang d’ambassadeurs. Cette décision marque une évolution du niveau de représentation établi depuis la reprise des relations diplomatiques entre Rabat et Tel-Aviv en décembre 2020. Le bureau de liaison israélien à Rabat avait été inauguré en 2021.

Sur le plan économique, le Maroc et Israël sont également convenus d’achever, d’ici la fin de l’année 2026, deux accords portant respectivement sur la protection des investissements et la prévention de la double imposition. Ces accords doivent contribuer à faciliter les investissements réciproques et à renforcer les échanges économiques et commerciaux entre les deux pays.

Les deux parties ont par ailleurs convenu d’élargir les liaisons aériennes directes entre le Maroc et Israël, notamment avec une participation accrue des compagnies aériennes marocaines, ainsi que d’organiser des visites réciproques de haut niveau au cours des prochains mois.

Cette réunion intervient dans le contexte du sixième anniversaire des Accords d’Abraham. La veille, Mike Waltz avait organisé, à sa résidence, une réception à l’occasion de cet anniversaire, en présence de représentants de plusieurs pays concernés par ce processus, dont les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc, le Kazakhstan, Israël et les États-Unis.

À l’issue de la rencontre, Gideon Sa’ar a déclaré que « l’amitié entre les peuples marocain et juif a des racines profondes et une histoire riche », ajoutant que la déclaration signée à cette occasion définit des mesures concrètes pour faire progresser les relations entre Israël et le Maroc. Le ministre israélien a également indiqué que son pays œuvrerait à leur mise en œuvre.

Cette évolution intervient après la décision annoncée par Israël en juillet 2023 de reconnaître officiellement la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Le nouvel accord annoncé mercredi porte principalement sur le relèvement du niveau de représentation diplomatique et sur l’approfondissement des relations bilatérales. Le ministère israélien des Affaires étrangères rappelle que la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara avait été communiquée dans une lettre du Premier ministre israélien au Roi Mohammed VI.

Les relations entre le Maroc et Israël avaient été rétablies en décembre 2020 dans le cadre d’un accord trilatéral associant Rabat, Washington et Tel-Aviv. Depuis lors, les deux pays ont maintenu des relations diplomatiques à travers leurs bureaux de liaison, sans passage au niveau des ambassades jusqu’à l’annonce faite mercredi.

Sur le plan intérieur, la normalisation avec Israël demeure un sujet controversé au Maroc, particulièrement depuis le déclenchement de la guerre à Gaza. Des manifestations et mobilisations politiques, civiles et associatives ont régulièrement été organisées dans plusieurs villes marocaines, avec des appels à mettre fin à la normalisation et à rompre les relations avec Israël.

De son côté, Rabat continue de maintenir ses relations diplomatiques avec Tel-Aviv tout en réaffirmant officiellement son soutien à la cause palestinienne, à la solution à deux États et à l’établissement d’un État palestinien indépendant.