Boycott: De grandes marques marocaines dans le collimateur des consommateurs

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ONSOMMATION – Une vague de fronde court sur les réseaux sociaux marocains ces derniers jours. Depuis la fin de la semaine dernière, des internautes mécontents multiplient les appels au boycott de certains produits de grande consommation. Dans leur collimateur se trouvent des entreprises comme la Centrale laitière, les Eaux minérales d’Oulmès ou encore Afriquia Gaz.

 #Laisse_le_tourner

Tout a commencé avec la nouvelle, non vérifiée, d’une hausse du prix du pack de lait. À l’instar de certains mouvements de boycott en Tunisie et en Algérie, des Marocains ont relayé le hashtag #خليه_اريب (laisse-le tourner) pour signifier leur ras-le-bol. Pointée du doigt, la compagnie Centrale laitière était la première de la liste qui allait ensuite s’étendre à la marque Sidi Ali des Eaux minérales d’Oulmès puis au carburant des stations Afriquia.

Pour ces consommateurs marris, la logique est simple: s’attaquer aux leaders du marché afin que les pertes éventuelles les poussent à baisser leurs prix, puis par ricochet et selon la logique de l’offre et la demande, généraliser cette baisse à tous les acteurs.

 Mais si un appel de ce genre n’est pas inusité au Maroc, c’est bien la première fois qu’il prend autant d’ampleur, même s’il est difficile d’en estimer exactement l’étendue. C’est également la première fois qu’il suscite autant de réactions, dont certaines émanent des autorités officielles.

Une première arrestation

La dernière en date a été relayée par le site alaoual.com qui annonce l’arrestation mardi 24 avril à Casablanca d’un chauffeur de taxi qui aurait appelé, dans une vidéo partagée sur WhatsApp, au boycott des marques en menaçant de représailles physiques les personnes qui ne s’y conformeraient pas.

Un excès de zèle typique des confrontations sur Internet, surtout lorsqu’il s’agit de sujets aussi sensibles que le pouvoir d’achat. Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) l’a d’ailleurs confirmé récemment dans sa dernière note sur l’indice de confiance des ménages pour le premier trimestre de 2018.

Ainsi, selon le département de Lahlimi, 87% des ménages marocains déclarent que les prix des produits alimentaires ont augmenté durant les 12 derniers mois et 83,4% s’attendent à une nouvelle augmentation au cours des 12 prochains.

Appel sincère ou manipulation?

Cela n’a pas empêché certains de crier à la manipulation et de “boycotter le boycott”. Leur contre-argument: impacter les bénéfices de ces entreprises finira par menacer l’emploi de dizaines de milliers de Marocains. D’aucuns évoquent même une manœuvre des entreprises concurrentes afin d’accaparer des parts de marché à l’approche du mois de ramadan, connu pour l’augmentation sensible de la consommation.

Entretemps, des informations et des photos circulent sur le réseau social bleu faisant croire à la réussite de la campagne de boycott en montrant ou annonçant la baisse de prix desdits produits, signe que les entreprises ont finalement plié sous la pression populaire. Rien n’est moins sûr. En effet, lorsqu’elles ne sont pas fausses, ces baisses de prix sont justifiées soit par des périodes de promotions comme il s’en fait tout au long de l’année soit par des décisions des directions d’hypermarché pour éviter de se retrouver avec un stock invendu de produits périssables.

En attendant d’avoir le fin mot de l’histoire, et face à cette confusion, certains n’ont pas hésité à adopter une approche humoristique et à tourner en dérision cet appel au boycott qui vaut finalement le détour(nement).

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