Le tiers-monde ou le monde arabe perdu – Al3omk

Le tiers-monde ou le monde arabe perdu

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parler de sous-développement, de tiers monde, de sud ou encore de périphérie revient à décrire, au-delà des terminologies employées, une mêmeréalité : un groupe de pays qui partagent certains traits communs et dont certains caractéristiques tendent à converger. Parmi celle-ci, notons le retard économique, la pauvreté de masse, les services de base inadéquats, la démographie en forte croissance, la sous-éducation, les institutions politiques instables et peu ou non démocratiques, etc. Mais si cette réalité a été commune et convergente, les terminologies sont là pour témoigner de l’histoire, du contexte et de l’évolution de cette réalité.

Quant à l’expression tiers-monde, beaucoup d’histoire s’accordent pour dire qu’elle serait apparue en 1952 sous la plume du démographe Alfred Sauvy. Ce dernier, à la fin d’un article intitulé « Trois mondes, une planète » et publié par France-Observateur, fait référence à un texte de l’abbé Sieyès sur le tiers-Etat pendant la Révolution française, et établit une analogie entre la situation du tiers-Etat et celle des pays sous-développés, majoritaires, pauvres et dominés.

C’est en 1955, à l’occasion de la conférence de Bandung, que le concept acquit sa représentationcomplète, à la fois politique et économique ; politique parce que la conférenceréunit des dirigeants de l’Ancien Monde colonisé dont la volonté est d’en finir avec la domination des grandes puissances. En dénonçant l’apartheid en Afrique du Sud(1948)et en proclamant le droit des peuples à l’autodétermination(entériné par l’ONU le 14 décembre 1960),ces dirigeants vont donner une impulsion forte aux mouvements de décolonisation déjà en marche, notamment en Afrique. Ce sont aussi 29 chefs d’Etats(représentant un milliard  et demi d’habitants) qui,en proclamant leur propre voie de non-alignement, refusent de jouer la carte de la bipolarité, produit de la guerre froide. Mais cette alliance revendicatrice,sous la conférence de Bandung, est celle de l’indépendance économique, celle des nations nouvellement décolonisées qui ont voulu s’affranchir des anciennes métropoles ;ces nations aux aspirations légitimes tentent de reprendre la maitrise de leurs structures économiques afin de favoriser leur propre développement,et ce,avec la confiance et l’espoir d’y arriver.

Aujourd’hui, cette notion est quasi obsolète, pour les mêmes raisons ou presque. Il existe une hétérogénéité de plus en plus grande entre les pays du tiers-monde :qu’ont en commun le Burundi, ,l’Inde, ,le Brésil, le Maroc et Cuba ?très peu de choses en effet aujourd’hui , tant sue le plan de leur trajectoire de développement économique,de consolidation politique que dans le domaine culturel.

De plus, même lorsque les trajectoires semblent relativement alignées,des ambitions rivales font en sorte que plusieurs pays du tiers-monde se trouvent en affrontement dans les conflits déchirants dont les enjeux sont tantôt de nature économique, tantôt de nature politique ou ethnique. Par ailleurs,les transformations profondes en matière géopolitique ont fait évoluer le monde d’un ordre bipolaire vers un ordre multipolaire(ou unipolaire),ce qui enlève toute pertinence à ce  bloc tirs-monde comme troisième voie. Enfin,les projets de rattrapage économique, qui ont aussi servi à cimenter cette alliance,sont,à la lumière des résultats actuels, peu concluants pour cette raison que depuis quelques années, on a tendance à parler non pas du tiers-monde(au singulier),mais plutôt des tiers mondes (au pluriel),faisant ainsi référence à une sorte de mosaïque.

Par ailleurs, le monde arabe a perdu la bataille de la modernité et du décollage économique, perpétuant durablement sa sujétion.

Telle est la principale conclusion  d’une étude de « The International Journal of Public Health » publiée par le site en ligne Ar Rai Al Yom :

   – la violence a couté la vie à 1,4 millions de personne en 2015 au sein des 22 pays constituant l’Asie occidentale, notamment (Afghanistan, Arabie Saoudite, Irak, Iran, Pakistan, les principautés pétrolières du Golfe, Somalie, Soudan et Syrie.

   – 144.000 personnes ont trouvé la mort à titre de dommage collatérale des guerres régionales.

Et la violence ancrée et permanente a produit une génération perdue particulièrement dans la catégorie masculine de population, notamment les jeunes et les enfants. Poursuit la publication qui prédit « un avenir » sombre » pour le Moyen Orient s’il n’est pas trouvé un moyen de stabiliser la zone dont la population s’élève à 600 millions de personne.

   – le monde arabe  est  l’unique zone du Monde ou subsiste un fait colonial classique (Palestine),

Bon nombre de pays arabes ont été forgés par le colonialisme et pâtissent de ce fait d’un défaut de légitimité structurelle. Les pays arabes ne jouissent pas d’une réelle indépendance. Bien au contraire, leur dépendance vis-à-vis de l’extérieur s’est accentuée.

   – l’injustice est à la base de la destruction du Monde arabe L’amplification de la violence dans le Monde arabe.

   – Les guerres d’extermination menées ces  derniers années (printemps arabe) ont provoqué la mort de 500.000 civils et de milliers de blessés et de disparus, générant un flux migratoire sans pareil depuis la II me guerre mondiale.

   – En 2015, le Monde arabe a alloué 190 milliards de dollars à ses dépenses d’armement, alors que le montant global des dépenses militaires dans le monde s’est élevé à 1,7 trillion de dollars ; une somme qui englobe les dépenses des puissances majeures de la planète (chine, USA, Russie, Inde, Pakistan, France, Royaume Uni).

   – L’Arabie Saoudite et les Emirates Arabes Unis figurent parmi les 15 premier clients de l’industrie d’armement dans le Monde.

   – les pays en développementenregistrent une perte annuelle de 100 milliards de dollars, soit 4,4 pour cent de leur recettes fiscales du fait des manipulations des cours opérées par les multinationales, souligne le rapport qui déplore «l’instrumentalisation des crimes contre l’humanité » à des fins politiques, de même que la course aux armements.

Les réformes de façades ne sont plus de mise. Peu de choix s’offrent désormais aux Arabes. La reconfiguration géopolitique de la zone se fait loin de leurs capitales respectives, au sein plutôt des salles d’état-major.

L’unique choix qui s’offre désormais aux Arabes est le suivant : Soit qu’il soient les artisans de leur propre changement, soit qu’ils subissent les lois de l’étranger.

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