Ramadan des Marocains de Côte d’Ivoire, un périple spirituel à forte charge sociale – Al3omk

Ramadan des Marocains de Côte d’Ivoire, un périple spirituel à forte charge sociale

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Dans un pays comme la Côte d’Ivoire où réside une importante communauté musulmane, le Ramadan ou le carême comme localement surnommé est une occasion pour la diaspora marocaine, majoritairement établie à Abidjan, de revivre dans la communion les pures et authentiques traditions marocaines, allant de l’accomplissement des rituels religieux, socle de ce mois béni, jusqu’au plus infime des détails culinaires.

En effet, si le mal du pays revient souvent au cours de l’année, le Ramadan, de par sa charge spirituelle sacrée, constitue pour les Marocains basés en terre d’Eburnie un moment de cohésion, d’altruisme et de solidarité qui a le mérite d’oblitérer ce sentiment de déracinement ressenti de temps à autre.

De solidarité justement, l’Assemblée du Conseil des Marocains Résidents en Côte d’Ivoire (ACMRCI) vient de remettre, le week-end dernier, des aides financières et en nature à quelque 70 familles marocaines, ivoiriennes ou issues de couples mixtes maroco-ivoiriens, donnant ainsi tout leur sens aux valeurs d’entraide et de cohésion prêchées par l’Islam, particulièrement en ce mois de jeûne, de prière et d’abstinence.

Selon le président de l’ACMRCI, Ouazzani Chahdi, cette opération, qui en est à sa deuxième édition, se veut un geste symbolisant les principes de solidarité fraternelle qui régit les relations entre musulmans en général et façonne, plus particulièrement, les liens fraternels entre Marocains et Ivoiriens, conformément aux préceptes sacrés de l’Islam.

Au-delà de la facette solidaire du mois sacré, la Côte d’Ivoire, fidèle à son éternelle image de terre d’hospitalité et d’ouverture, offre à la communauté marocaine, tout comme aux autres musulmans résidant sur son sol, tous les pré-requis d’un Ramadan empreint de purification, de spiritualité et d’adoration de Dieu.

Et c’est palpable partout à Abidjan. Dans les différents quartiers où résident des Marocains, en l’occurrence la Zone 4, Treicheville, Koumassi, Riveira ou encore au quartier administratif Plateau, l’ambiance s’apparente à celle qui rythme le quotidien ramadanesque des villes marocaines où un florilège de sons, de senteurs et de couleurs donnent toute sa singularité au mois béni du Ramadan.

Dans les communes précitées, de nombreux lieux de commerce font étalage d’un large éventail de produits marocains indispensables tout au long de ce mois de piété.

De l’après-midi jusqu’au coucher de soleil, une agitation inhabituelle est remarquée au niveau de ces quartiers, pris d’assaut par des jeûneurs soucieux de bien garnir la table de la rupture du jeûne. Et il y en a de tout, y compris les ustensiles de cuisine typiquement marocains, dont l’indispensable tajine en terre cuite avec son fameux couvercle conique.

Dans les cafés et restaurants marocains, l’ambiance est tout aussi effervescente. En plus de l’atmosphère spirituelle y régnant, un menu de mets allant des soupes marocaines, dont l’incontournable Harira, jusqu’au couscous aux sept légumes fait le bonheur des clients marocains qui y affluent pour partager un moment de convivialité dans une ambiance foncièrement marocaine.

Cependant, cette effervescence que connaissent les marchés, les cafés et les restaurants abidjanais n’estompe en rien l’essence spirituelle et religieuse du Ramadan qui constitue, aussi et surtout, un moment singulier de spiritualité et de rapprochement du Tout-Puissant, où les mosquées connaissant une forte affluence des Marocains qui y accomplissent les prières obligatoires et surérogatoires.

Bien au-delà, le Ramadan en Côte d’Ivoire, c’est aussi un mois de cohabitation où les différentes communautés religieuses coexistent depuis bien des siècles dans une parfaite interaction et un vivre-ensemble éminemment spécifique au pays du sage Félix Houphouet Boigny. Dans ce pays ouest-africain et à Abidjan plus particulièrement, le respect des spécificités intrinsèques à chacune des communautés ne s’est jamais démenti au fil des temps.

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