Projet de loi sur le cannabis: intense lobbying

29 avril 2021 - 05:45

Le lobbying autour du projet de loi n°13.21 sur les usages légaux du cannabis s’accélère et s’intensifie avec l’entame des discussions au sein du parlement. Outre les multiples conférences-débats et les prises de positions des partis politiques, la société civile n’est pas en reste. Deux réseaux d’associations se sont, particulièrement, mis en évidence récemment.

La premier, appelé l’Organe National Multidisciplinaire de Plaidoyer pour ce projet, a adressé mercredi aux partis politiques un mémorandum, reçu par le journal « Al Oâmk ». Il «dénonce les lacunes et les conséquences potentielles » de ce projet et vise à « démontrer ses répercussions néfastes aux niveaux sanitaire, social, politique, environnemental et même stratégique », notamment pour les jeunes.

Regroupant plus de 250 associations, ce réseau œuvre dans le domaine de la prévention contre les drogues, de la protection des enfants, des jeunes, des femmes et de la famille, ainsi que d’avocats, de biologistes, de médecins de diverses spécialités et de pharmaciens.
Il vient de tenir au Parlement, le 26 avril 2021, une première réunion avec certains groupes parlementaires dont celui du PJD. On ne connait pas les autres groupes qui ont été contacté.

Toutefois, cette première réunion a permis d’expliquer les motivations de cet organe et de « souligner la hâte qu’a connu la procédure de ce projet de loi et l’abstraction des acteurs et des spécialistes ». Elle a été également une occasion pour demander l’annulation pur et simple du projet qui a ignoré « les études scientifiques et les rapports internationaux qui confirment la gravité de cette légalisation ».

Le deuxième réseau associatif est, en revanche, ouvertement favorable à ce projet. Appelé « Coordination des zones autochtones de Kif » regroupant les agriculteurs des régions d’Al Hoceima et de Chefchaouen, ce comité s’est félicité, il y a quelques jours de la présentation de cette législation à condition que sa zone d’application se limite aux régions dites « historiques » d’Al Hoceima et de Chefchaouen et qu’elle s’accompagne d’une amnistie générale pour les agriculteurs condamnés à des peines d’emprisonnement ou à des amendes pour culture de cannabis. La Coordination appelle également à accompagner la loi de mesures favorables dans les domaines économique, social et des droits de l’homme pour le bénéfice des habitants de « ces régions historiques ».

Le plaidoyer s’annonce donc rude et animé au parlement. Cependant, le temps presse avec des élections programmées pour bientôt et une unanimité loin d’être acquise au sujet d’un projet controversé. Le PJD s’y est, en effet, opposé alors que la plupart des autres partis y sont favorables.

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