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Rabat: Focus sur les sites paléolithiques de Casablanca en tant que témoignage inestimable de l’occupation humaine au Maroc

Les découvertes menées sur les sites paléolithiques de Casablanca ont permis aux chercheurs marocains et étrangers de mettre la main sur un témoignage vivant de l’occupation humaine au Maroc, tel est le constat dressé par le chercheur archéologie en préhistoire, Abderrahim Mohib, à l’occasion d’une conférence organisée vendredi par la Fondation Al Mada, à la Villa des Arts de Rabat.

A cette occasion, Dr. Mohib, qui est également co-directeur du programme de recherches archéologiques maroco-français « Préhistoire de Casablanca Mission littoral », a donné un aperçu historique des recherches effectuées à Casablanca, notant que les premières recherches ont démarré dans le premier quart du XX ème siècle et se sont poursuivies jusqu’à la fin des années 50, évoluant au rythme des travaux publics et de l’ouverture des carrières pour l’exploitation de la pierre.

Après 20 ans de pause, les recherches ont repris en 1978 dans le cadre de la coopération archéologique entre le Maroc et la France.

Quant à la spécificité du site de Casablanca, Dr. Mohib a indiqué que la ville se positionne entre le bassin du Nil et les rivages de l’Atlantique, entre le Sahara et la Méditerranée, enregistrant dans son sous-sol des variations des niveaux des océans témoins de l’évolution du climat planétaire, ainsi que de celle des faunes régionales et de l’Homme.

Ainsi, la séquence archéologique paléolithique de Casablanca est la seule au Maroc qui offre “une gamme de perspectives incomparables pour la connaissance des occupations anthropiques, de leur fabrication et de leur environnement jusqu’au début du Paléolithique moyen”, a relevé Dr. Mohib.

Dans ce contexte, le spécialiste a présenté les trouvailles archéologiques concernant les trois sites-clés dont l’exploitation scientifique progresse et sur lesquels le maximum d’efforts est porté ces dernières années, à savoir ceux du niveau L, la grotte à Hominidés à carrière Thomas I et la grotte des Rhinocéros à carrière Oulad Hamida 1.

S’intéressant à la capacité des hominines à créer la culture, le chercheur a commencé par présenter l’Oldowayen en Afrique, s’appuyant sur la présence d’outils sur galets.

Selon lui, il reste encore difficile de reconnaître les premières manifestations techniques humaines à partir des géofacts relevés sur les plages actuelles de Casablanca, cela dit, les sites de Lissasfa et Ahl Al Oughlam peuvent renseigner sur ces périodes à l’avenir.

Concernant les cultures techniques acheuléennes, Dr. Mohib s’est focalisé sur les fouilles émanant du site Thomas I -L à Casablanca, pour présenter le premier Acheuléen Régional, sensé représenter un témoignage sûr de la présence humaine au Maroc.

Ainsi, l’analyse des macro-outils et des outils composites découverts à Casablanca, à partir du complexe formé par les carrières Thomas-Oulad Hamida et Sidi Abderrahmane, à démontrer la “flexibilité technique et la capacité d’adaptation” des premiers Hominines.

Dans la carrière Thomas I, le site L est à l’heure actuelle “le plus ancien site acheuléen d’Afrique du Nord”, témoignant de l’occupation humaine la plus ancienne au Maroc.

Le second Acheuléen régional a pour sa part été étudié à partir des sites de la grotte du Rhinocéros et de la grotte à Hominidés, enregistrant une présence humaine grâce à de nombreux fossiles ainsi que de l’existence d’une boucherie.

De ce fait, Casablanca offre un registre remarquable d’hominines du Pléistocène moyen, à savoir Sidi Abderrahmane/Grotte des littorines, Thomas I/grotte à Hominidés, Thomas III/Grotte Beriro et Oulad Hamida I/Grotte des rhinocéros.

Evoquant la nécessité de protéger et de valoriser ses sites archéologiques, l’expert n’a pas manqué de souligner l’importance de Casablanca, comme étant “ la seule région qui offre des sites encore accessibles”, saluant par la même occasion les nombreuses initiatives menées par différentes parties prenantes afin de sauvegarder ce trésor archéologique.

Au cours de cette conférence, le chercheur s’est basé sur les données obtenues dans le cadre du programme maroco-français “Préhistoire de Casablanca” associant l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine relevant du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et la mission archéologique française Littoral Maroc relevant du ministère de l’Europe et des affaires étrangères et l’Université Paul Valéry de Montpellier 3.

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