Politique

1er mai : Miloudi Moukharik salue les « victoires sectorielles » lors du dialogue social et met en garde contre les commerçants de crise

Le secrétaire général de l’Union Marocaine du Travail, Miloudi Moukharik, a déclaré ce mercredi que son syndicat a refusé de troquer une augmentation des salaires contre la passage de grands dossiers sociaux, tout en réussissant à geler depuis 2016 le « néfaste » projet de loi organique sur le droit de grève.

Lors d’un discours à l’occasion des célébrations du 1er mai devant le siège de son syndicat à Casablanca, Moukharik a affirmé que la première offre présentée par le gouvernement aux syndicats durant le dialogue social ne répondait pas « aux aspirations de la classe ouvrière, notamment en ce qui concerne l’amélioration des revenus et le soutien au pouvoir d’achat. »

« Nous avons catégoriquement refusé le principe de troquer une augmentation des salaires contre le passage de grands dossiers sociaux », a-t-il continué, précisant que les négociations avec le gouvernement avaient abouti à la prise en compte de plusieurs revendications et propositions de l’Union Marocaine du Travail.

Grâce à leurs luttes, « notre organisation a réussi à geler le projet néfaste de loi organique relative à l’exercice du droit de grève depuis 2016, après que le précédent gouvernement l’eut soumis au Parlement, en violation flagrante des méthodes de dialogue et de négociation », a ajouté Moukharik.

Moukharik a insisté sur le fait que son syndicat refuse « d’entamer ce droit constitutionnel » et restera opposé à toute loi qui ne garantit pas la liberté d’exercer le droit de grève, la protection de la liberté syndicale, des représentants syndicaux et des travailleurs grévistes.

Il a également exprimé la fierté de l’Union Marocaine du Travail pour les « victoires sectorielles » réalisées, avec des gains et des augmentations de salaires dans plusieurs secteurs publics tels que l’éducation, la conservation foncière, la sécurité sociale, et dans de nombreuses entreprises de production du secteur privé comme les ports, l’automobile, les produits chimiques, l’électronique, les médicaments et d’autres secteurs.

Concernant les « commerçants de crise », le leader syndical a alerté sur le fait qu’ils continuent « à accumuler des profits fantastiques et de la richesse alors que la classe ouvrière souffre de la hausse des prix du carburant, des biens de première nécessité et des services ».

« Avec des chiffres qui ne mentent pas et qui ne font pas de favoritisme, en plus d’un taux de pauvreté qui a atteint 20% en 2022, voici que près de 3 200 000 personnes supplémentaires voient leurs conditions de vie se détériorer », a-t-il dit.

Parallèlement, « avec les licenciements massifs de milliers de travailleurs », le syndicaliste ajoute que « le taux de chômage a grimpé à 8,13%, exacerbant ainsi les inégalités de classe et régionales et la précarité sociale ».

Il a renouvelé l’appel de son syndicat à reconsidérer les choix économiques et sociaux, « qui restent fidèles aux recettes des institutions financières internationales bien connues, comme vous le savez, pour endetter les pays, perpétuer la dépendance et exploiter les richesses des peuples contre leurs intérêts vitaux ».

Devant cette situation « détériorée et l’augmentation de la tension sociale dans plusieurs secteurs professionnels », Moukharik affirme que « le gouvernement reste incapable de prendre des mesures concrètes et sérieuses pour alléger et réduire l’impact de la flambée des prix, et de frapper fort contre les spéculateurs et les intermédiaires qui continuent avec avidité de s’enrichir de manière illégitime et sans sens national ou de solidarité ».

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