Grand Théâtre de Rabat : les princesses Lalla Khadija, Lalla Meryem et Lalla Hasnaa président l’inauguration en présence de Brigitte Macron

La présence de Son Altesse Royale la princesse Lalla Khadija, de Son Altesse Royale la princesse Lalla Meryem et de Son Altesse Royale la princesse Lalla Hasnaa, aux côtés de Brigitte Macron, a d’emblée inscrit l’inauguration du Grand Théâtre de Rabat, mercredi 22 avril 2026, dans une dimension qui dépasse le cadre culturel. Dans la rigueur feutrée du protocole, la soirée s’est imposée comme un moment d’exception, où se conjuguent héritage culturel, portée symbolique et ouverture internationale.
L’édifice, conçu par l’architecte Zaha Hadid, s’impose par sa signature fluide et organique, inspirée des ondulations du Bouregreg. Implanté au cœur de cette vallée stratégique, dans le prolongement visuel et historique de la Tour Hassan et du mausolée Mohammed V, le théâtre dialogue avec les grands repères de la capitale, tout en affirmant une rupture esthétique assumée. Cette inscription dans le paysage n’est pas seulement urbaine : elle prépare le cadre d’une expérience artistique pensée comme un acte de représentation.
La soirée inaugurale a ainsi été construite à la hauteur de cet écrin. Pour la première fois, l’Orchestre Philharmonique du Maroc, à la veille de célébrer ses trente ans, et l’Orchestre Symphonique Royal, fort de vingt années d’existence, ont été réunis sur une même scène. Sous la direction de la cheffe d’orchestre Dina Bensaid, 76 musiciens et 40 choristes ont donné corps à une interprétation collective d’une rare intensité.
Le programme, lui, relevait d’une véritable écriture. Les grandes œuvres du canon classique européen — Tchaïkovski, Bizet, Verdi — ont trouvé un écho dans les sonorités du patrimoine arabo-andalou et dans des créations contemporaines marocaines. La soprano Samira Kadiri, la mezzo-soprano Ahlima Mhamdi, le pianiste Marouane Benabdallah et le compositeur et oudiste Driss El Maloumi ont incarné cette circulation entre les formes, les époques et les influences.
De cette rencontre est née une cohérence rare. Les registres ne se superposent pas : ils dialoguent. Le classique ne s’impose pas, il s’ouvre ; le patrimoine ne se fige pas, il se prolonge. L’ensemble compose une esthétique du lien, où l’identité musicale se déploie dans une forme résolument contemporaine.
Dans la salle, la composition du public prolongeait cette lecture. Des centaines d’artistes, d’intellectuels, de créateurs et d’acteurs culturels, marocains et internationaux, partageaient cet instant avec les représentants du corps diplomatique accrédité à Rabat — ambassadeurs, responsables de missions et représentants d’organisations internationales. Une diversité qui confère à l’événement une dimension de convergence, où la culture devient espace de rencontre et de circulation.
La cérémonie s’est ouverte par la projection d’un film retraçant la genèse du théâtre et son inscription dans la dynamique culturelle de la capitale. L’interprétation de l’hymne national par l’orchestre et le chœur a marqué un temps solennel, avant de laisser place à une progression musicale structurée, alternant solos, ensembles et séquences chorales.
Au terme du spectacle, les princesses ont salué les artistes — Samira Kadiri, Ahlima Mhamdi, Dina Bensaid, Marouane Benabdallah, Driss El Maloumi et Younes Terfass — consacrant ainsi une reconnaissance à une création collective portée exclusivement par des talents marocains.
Cette soirée inaugurale a également offert aux invités l’occasion d’appréhender, au-delà du spectacle, la technicité architecturale du lieu et l’exigence de sa conception. Le théâtre couvre environ 27 000 m² et s’organise autour de deux pôles majeurs : une grande salle de près de 1 800 places, conçue pour l’opéra et les grandes formations symphoniques, et un amphithéâtre extérieur pouvant accueillir jusqu’à 7 000 spectateurs. Les dispositifs acoustiques répondent aux standards des grandes scènes internationales, tandis que la scène, modulable, permet d’alterner entre configurations lyriques, symphoniques et contemporaines. Des espaces dédiés à la création, aux répétitions et à la formation complètent cet ensemble, inscrivant le lieu dans une logique de production autant que de diffusion.
Ainsi pensé, le Grand Théâtre de Rabat dépasse le statut d’infrastructure culturelle. Il s’affirme comme un outil structurant, au service d’une ambition plus large : faire de la culture un levier d’influence, de rayonnement et de présence sur la scène internationale.
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