Maroc–Corée du Sud : Séoul veut accélérer un accord économique stratégique avec Rabat

La Corée du Sud souhaite ouvrir rapidement des négociations avec le Maroc afin de conclure un Comprehensive Economic Partnership Agreement (CEPA), traduit en français par « Accord de partenariat économique global ». Selon l’agence sud-coréenne Yonhap, cette initiative a été évoquée lors d’un échange entre le ministre sud-coréen du Commerce, Yeo Han-koo, et le secrétaire d’État marocain chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira. À travers cet accord, Séoul cherche à renforcer sa présence économique et industrielle dans une région devenue stratégique pour les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Contrairement à un accord classique de libre-échange, un CEPA couvre un périmètre plus large incluant les investissements, les services, la coopération industrielle, les technologies et la facilitation des échanges. Pour la Corée du Sud, le Maroc représente un point d’appui stratégique grâce à sa proximité avec l’Europe, son réseau d’accords commerciaux et son rôle croissant dans les échanges africains.
Les échanges commerciaux entre les deux pays restent encore modestes par rapport au potentiel des deux économies, mais ils progressent dans plusieurs secteurs industriels. Les exportations marocaines vers la Corée du Sud concernent principalement les phosphates et certains produits industriels, tandis que les importations marocaines portent surtout sur les véhicules, les équipements électroniques, les machines industrielles et les produits technologiques.
Le Maroc attire particulièrement les industriels sud-coréens grâce à ses infrastructures logistiques et industrielles. Le port Tanger Med, qui a dépassé les 10 millions de conteneurs EVP traités en 2025, est devenu le premier port à conteneurs d’Afrique et de la Méditerranée. Cette infrastructure permet de connecter rapidement les marchés européens, africains et atlantiques, tout en réduisant les coûts logistiques pour les entreprises exportatrices.
Cette dynamique intéresse directement les groupes sud-coréens présents dans l’automobile, l’électronique, les batteries électriques et les technologies industrielles avancées. Le Maroc est aujourd’hui le premier constructeur automobile du continent africain avec une capacité de production dépassant un million de véhicules par an. Selon les données de l’Office des changes, les exportations automobiles marocaines ont dépassé 140 milliards de dirhams en 2025.
Le futur accord pourrait accélérer les investissements sud-coréens dans plusieurs secteurs liés à la transition énergétique et aux technologies industrielles avancées. Le développement des véhicules électriques, des batteries et des composants électroniques figure parmi les domaines les plus concernés.
Les perspectives de croissance des échanges bilatéraux apparaissent importantes si les négociations aboutissent. Les précédents accords CEPA conclus par la Corée du Sud ont généralement entraîné une hausse des échanges commerciaux et des investissements grâce à la réduction progressive des barrières douanières et à l’amélioration des conditions d’accès aux marchés.
Pour le Maroc, l’enjeu sera surtout d’obtenir davantage de transfert technologique, d’intégration locale et de valeur ajoutée industrielle. Rabat cherche à renforcer sa place dans les chaînes de production internationales et à attirer des investissements capables de soutenir la montée en gamme de son industrie.
Au-delà de l’aspect commercial, ce rapprochement reflète également la concurrence croissante entre plusieurs puissances économiques pour renforcer leur présence industrielle et logistique en Afrique. Dans ce contexte, le Maroc consolide progressivement son positionnement comme plateforme régionale entre l’Europe, l’Afrique et les marchés atlantiques.
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