Ceuta : plus de 1.000 mineurs pris en charge, le Maroc poursuit 34 personnes après les traversées massives

Les autorités de l’enclave espagnole de Ceuta ont annoncé jeudi prendre en charge 1.017 mineurs étrangers non accompagnés, tandis que la justice marocaine a élargi les poursuites engagées contre des personnes soupçonnées d’avoir organisé les traversées irrégulières et participé aux violences ayant accompagné la vague migratoire de la fin juillet.
Le gouvernement de Ceuta a indiqué que le nombre de mineurs hébergés est passé de 213 le 15 juillet à 718 le 28 juillet, avant d’atteindre 1.017 après les événements des 30 et 31 juillet, qualifiant cette évolution de pression « exceptionnelle » sur le système local de protection de l’enfance.
Selon les autorités de la ville, près de 750 mineurs étaient déjà présents avant les passages massifs, aggravant une situation de saturation des structures d’accueil.
Pour faire face à cet afflux, Ceuta affirme avoir créé 664 places supplémentaires grâce à l’aménagement de nouveaux locaux et sollicité le soutien du gouvernement espagnol, alors que plusieurs dizaines de mineurs demeurent encore sans hébergement.
D’après l’agence espagnole EFE, la Police nationale a identifié 528 mineurs parmi les personnes entrées dans l’enclave lors de la vague migratoire, estimée à plus de 70.000 personnes selon les chiffres officiels.
Le délégué du gouvernement espagnol à Ceuta, Miguel Ángel Pérez, a déclaré que l’identification des mineurs restait une priorité, reconnaissant que certains continuent de dormir dans les rues, notamment dans le secteur de Tarajal.
Madrid a également mis deux établissements scolaires à la disposition des autorités locales afin de les transformer temporairement en centres d’accueil. L’école Reina Sofía héberge déjà environ 110 jeunes filles, tandis que l’école Príncipe Felipe doit ouvrir prochainement. De nouvelles structures, d’une capacité comprise entre 400 et 500 places, devraient être opérationnelles dans les prochains jours.
Côté marocain, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a indiqué que le tribunal de première instance de Tétouan poursuit 34 personnes, dont cinq mineurs, dans le cadre des investigations liées aux événements de Ceuta.
Les personnes poursuivies sont notamment accusées de rébellion, violences contre les forces de l’ordre, dégradations de biens publics, organisation de l’émigration irrégulière et transport illégal de personnes.
Selon l’AMDH, les cinq mineurs ont été placés dans un centre de protection de l’enfance près de Rabat, tandis que 52 autres suspects ont également été déférés devant la justice à Nador dans des dossiers liés aux mêmes événements.
Toujours selon EFE, citant le ministère marocain de la Justice, 11 personnes ont déjà été condamnées à des peines allant de cinq à six mois de prison ferme, assorties d’amendes, pour des faits liés à la facilitation de l’immigration irrégulière et au transport illégal de passagers. Deux autres ont été condamnées pour incitation à commettre des actes criminels par voie électronique.
Par ailleurs, 20 autres prévenus attendent encore leur jugement pour des chefs d’accusation comprenant notamment la rébellion, les violences contre des agents publics et les dégradations d’infrastructures publiques.
Les autorités marocaines avaient annoncé, dans les jours ayant suivi les événements, le démantèlement de groupes actifs sur WhatsApp, soupçonnés d’avoir coordonné et encouragé les départs vers Ceuta.
Les traversées des 30 et 31 juillet constituent la plus importante vague migratoire jamais enregistrée vers l’enclave espagnole, provoquant une crise humanitaire et sécuritaire dont les conséquences continuent de mobiliser les autorités marocaines et espagnoles.
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