Société

Festival du film documentaire d’Abidjan : Cherqui Ameur représentera le Maroc à la présidence du jury

Le réalisateur et critique de cinéma marocain Cherqui Ameur présidera le jury de la première édition du Festival international du film documentaire, prévue à Abidjan, en Côte d’Ivoire, du 21 au 25 octobre. Près de 20 films participeront à la compétition officielle, qui récompensera les œuvres dans cinq catégories.

Dans une déclaration à « Al Omq », Cherqui Ameur a qualifié cette désignation d’« honneur pour moi en tant que Marocain, critique et réalisateur marocain ». Il y voit également une reconnaissance des relations maroco-ivoiriennes, notamment dans le domaine cinématographique, qu’il décrit comme solides, profondément enracinées et durables.

Le cinéaste a rappelé que la coopération entre les deux pays se traduit notamment par l’organisation de journées du cinéma marocain en Côte d’Ivoire et de journées du cinéma ivoirien au Maroc. Des initiatives qui, selon lui, favorisent les échanges d’expériences et ouvrent de nouvelles perspectives de collaboration entre les professionnels des deux pays.

Pour Cherqui Ameur, la présidence du jury de cette première édition revêt une importance particulière. Elle lui offre l’occasion de contribuer, aux côtés de ses partenaires ivoiriens, à la mise en place d’un rendez-vous cinématographique auquel aspirent les professionnels et les institutions œuvrant pour le développement du cinéma en Côte d’Ivoire.

Concernant les critères d’évaluation des films en compétition, le réalisateur estime que les titres annoncés et la diversité des pays représentés laissent présager une sélection d’œuvres de qualité. Il précise toutefois que les critères définitifs relèveront de la responsabilité du jury et de ses membres.

L’objectif sera notamment de distinguer les œuvres les plus abouties et les plus remarquables, tout en accordant une attention particulière aux films qui contribuent à valoriser le cinéma africain et aux expériences prometteuses susceptibles de faire progresser le documentaire sur le continent.

Le documentaire ivoirien à la recherche d’une nouvelle visibilité

Interrogé sur l’importance de consacrer un festival entièrement au film documentaire en Côte d’Ivoire, Cherqui Ameur a souligné que la nécessité d’un tel événement se faisait sentir depuis plusieurs années. Il a indiqué avoir déjà évoqué cette question avec des amis ivoiriens ainsi qu’avec certains responsables du pays.

Il relève que le cinéma ivoirien a connu, ces dernières années, des avancées dans plusieurs domaines, notamment les séries télévisées, le cinéma d’animation et la production cinématographique en général. Le film documentaire, en revanche, n’aurait pas bénéficié, selon son appréciation, de l’attention qu’il mérite.

La tenue de cette première édition constitue ainsi une étape vers une nouvelle approche du documentaire, destinée à renforcer sa visibilité et à mieux reconnaître sa place dans le paysage cinématographique ivoirien. Elle devrait également contribuer à élargir les possibilités de diffusion des œuvres et à faire connaître de nouveaux talents.

Le cinéma africain comme levier de diplomatie culturelle

Abordant le rôle du documentaire dans le renforcement de la diplomatie culturelle entre le Maroc et les autres pays africains, Cherqui Ameur a souligné sa capacité à rapprocher les peuples et à créer des passerelles entre les pays. Le film documentaire représente, selon lui, un moyen de découvrir les identités, les racines culturelles et les réalités des sociétés, tout en favorisant l’ouverture sur l’avenir.

Il a insisté sur l’importance de développer la circulation des films africains à l’intérieur du continent, estimant que cette dynamique est essentielle pour mieux faire connaître la diversité des sociétés africaines et leurs expériences cinématographiques. Une coopération renforcée dans ce domaine pourrait profiter à l’ensemble des pays du continent, alors que les peuples africains ont encore besoin de mieux se connaître mutuellement.

Dans cette perspective, le réalisateur plaide pour qu’une place, même modeste au départ, soit réservée aux films africains dans les salles de cinéma et les chaînes de télévision marocaines. En contrepartie, il appelle à ouvrir davantage les chaînes de télévision d’autres pays africains aux productions marocaines, notamment au Burkina Faso, au Mozambique, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Mali et au Niger.

Cherqui Ameur espère ainsi voir au moins un film africain diffusé chaque semaine sur une chaîne de télévision marocaine, tandis que les films marocains bénéficieraient de possibilités similaires sur les chaînes africaines. À ses yeux, la connaissance et la valorisation des cinématographies africaines au sein du continent doivent précéder les efforts visant à les commercialiser à l’extérieur.

Outre les projections, le programme du festival prévoit des ateliers de formation et des rencontres professionnelles. Ces activités visent à élargir la diffusion du film documentaire, à encourager les jeunes à s’intéresser à ce genre cinématographique et à mettre en lumière de nouveaux talents.

Les cinq récompenses seront réparties entre deux catégories. Pour le long métrage documentaire, trois prix seront décernés : le Grand Prix, le prix du meilleur film ivoirien et celui du meilleur film international. Le court métrage documentaire sera, quant à lui, récompensé par deux distinctions : le prix du meilleur film des écoles et instituts et celui du meilleur film des jeunes talents.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *