Rabat Riviera : L’Anthologie d’Al-Ala scelle le passage de la tradition orale à la scène internationale

L’espace Rabat Riviera a accueilli, ce samedi, une rencontre artistique consacrée à l’Anthologie de la musique andalouse marocaine « Al-Ala », officiellement lancée en 2025 au terme de trois années de travail et de documentation. Rassemblant plus de 130 heures d’enregistrements musicaux, ce projet vise à préserver ce patrimoine culturel marocain et à en faciliter la diffusion à l’échelle internationale. La rencontre a réuni des musiciens marocains et étrangers autour d’une expérience qui associe l’authenticité de l’art d’Al-Ala à l’ouverture sur différentes traditions musicales.

À cette occasion, Kenza Sefrioui, vice-présidente du groupe immobilier Addoha, a souligné que l’ambition du groupe ne se limite pas à la construction de résidences, mais consiste également à développer de véritables espaces de vie intégrant différents services et équipements, notamment des établissements scolaires, des commerces, des espaces sportifs et de loisirs, ainsi qu’un parcours de golf et une corniche. Elle a insisté sur l’importance de faire de ces espaces des lieux de culture, de rencontre et de partage, estimant que l’accueil d’un événement consacré à la musique andalouse marocaine permet de rapprocher le cadre de vie de l’un des grands patrimoines musicaux du Royaume et de contribuer à son rayonnement à l’international.
Evoquant cette initiative, Kenza Sefrioui a indiqué que le groupe avait souhaité associer cet espace à la célébration de l’un des éléments emblématiques du patrimoine musical marocain, l’art d’Al-Ala. La participation d’artistes marocains et de musiciens issus d’horizons différents constitue, selon elle, une occasion de mettre en valeur cet héritage culturel et de l’ouvrir davantage au monde.

De son côté, Azzedine Kettani, président de l’Association des amateurs de la musique andalouse au Maroc, a présenté ce projet comme une étape importante dans les efforts de l’association visant à documenter l’art d’Al-Ala et à le faire connaître à l’échelle internationale. Il a notamment souligné la particularité de cette expérience, qui associe des musiciens étrangers n’ayant jamais interprété ce répertoire auparavant, grâce à la notation musicale, qui leur permet de jouer ces œuvres sans nécessairement maîtriser l’arabe ni connaître préalablement les codes de cette tradition.
Dans une déclaration au journal « Al Omk », Azzedine Kettani a rappelé que la musique andalouse s’est historiquement transmise par la mémorisation et l’écoute, principalement de manière orale. La transcription musicale constitue ainsi l’un des objectifs fondamentaux de l’association. Il a ajouté que la réalisation de l’anthologie avait bénéficié d’une contribution financière déterminante d’Anas Sefrioui, qui a également permis de réunir les poèmes d’Al-Ala et de les traduire de l’arabe vers le français et l’anglais.
La rencontre a notamment été marquée par la participation de l’orchestre de Mohamed Briouel et de l’ensemble d’Adnane Matroun, aux côtés de musiciens internationaux, dans une prestation orchestrale destinée à élargir la visibilité de la musique andalouse marocaine sur la scène mondiale.
Pour sa part, Kaoutar Guessous, vice-présidente de l’association, a précisé que la réalisation de l’anthologie avait nécessité trois ans et demi de travail à Fès, avec la participation de sept ensembles musicaux représentant Rabat, Fès, Tanger et Tétouan. Le projet comprend 132 heures d’enregistrements, qui s’inscrivent dans une démarche de documentation et de préservation de cet héritage musical.
Kaoutar Guessous a également souligné que le soutien apporté par Anas Sefrioui, propriétaire du groupe Addoha, avait joué un rôle moteur dans la concrétisation du projet. La rencontre permet de passer de la phase de documentation à l’interprétation en direct à partir des partitions, avec la participation de musiciens originaires de 14 pays et représentant quatre continents. Sous la direction du maestro David Navarro, aux côtés des chefs des ensembles marocains, cette expérience vise à favoriser le dialogue entre les cultures et à faire d’Al-Ala un langage musical partagé au-delà des frontières.
Enfin, le grand artiste Mohamed Bajeddoub, dans une déclaration au journal « Al Omk », a estimé que ce type de rencontres offre une occasion de développer les expériences musicales et d’explorer de nouvelles formes de collaboration. Il a toutefois souligné que l’appréciation de cette expérience dépendra du résultat artistique concret et de l’harmonie qui se dégagera sur scène devant le public.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche visant à conjuguer la préservation du patrimoine musical marocain et le développement de nouveaux moyens de transmission et de diffusion. À travers la documentation, la notation musicale et la coopération entre artistes, le projet entend contribuer à faire connaître l’art d’Al-Ala auprès des nouvelles générations et des publics internationaux.
Laisser un commentaire