L’association TAFRA se penche sur le vote des amazighs et l’influence des notables au Maroc – Al3omk

L’association TAFRA se penche sur le vote des amazighs et l’influence des notables au Maroc

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A Moroccan woman walks past electoral paintings representing a political party logos for the upcoming municipal elections in Casablanca, Morocco, Wednesday, Oct. 5, 2016. Party logos are, from left, are, "Socialist Union of the People's Forces" (Rose), Constitutional Union (horse), "Justice and Development Party" (Lamp) and Party of Istiqlal (Scale) at the Sidi Othmane district of Casablanca. To help illiterate people vote, only party logos will appear on ballot papers, and the numbers seen in the image are allocated to each party for displaying purposes only during the campaign. Elections are scheduled Friday 7. (AP Photo/Abdeljalil Bounhar)

L’association marocaine TAFRA a réalisé une série d’études approfondies pleine d’enseignements sur le vote des amazighs qui constituent 8,8 millions, soit 26%, de la population marocaine.

A partir des données du recensement de 2014, et des résultats des élections communales de 2015, Nato Tardieu et David Goeury, deux chercheurs de TAFRA sont arrivés à la conclusion que « Le vote Tachelhit diffère peu du vote national », avec « un vote urbain massivement en faveur du PJD, qui recueille 93 802 suffrages sur 241 676 et un vote rural, par blocs territorialisés autour de grandes figures de notables».

Cette première étude s’est intéressée au tachelhit, la langue amazighe la plus parlée du Royaume avec 4,7 millions de locuteurs, soit 14% de la population. D’autres études suivront sur le tamazight et le tarifit.

303 communes ont, ainsi, plus de 50% de leur population qui parle tachelhit dans la région du Souss. 66 communes sur 89 parlent tachelhit dan la provinces de Taroudant, à Tiznit (24 sur 25), à Chtouka-Aït Baha (21 sur 23), à Tata (17 sur 20), à Agadir (13 sur 13) et à Inezgane-Aït Melloul (4 sur 6)…

En 2015, « c’est le PJD qui a remporté le plus grand nombre de suffrages avec 203 138 (soit 22%), dans ces communes, suivi par le PAM (20%), le RNI (15,5%), le PI (15,2%), l’USFP (9,5%), le PPS (7%) et le MP (6,7%). Le vote tachelhit, précise l’étude, ne pénalise aucunement le PJD qui enregistre des résultats légèrement supérieurs à sa moyenne nationale, tout comme le PAM ou le PI. Les partis qui sous-performent sont deux partis administratifs : l’UC et le MP, au profit du RNI (+3,5 points) et de l’USFP (+1,9 point) et dans une moindre mesure du PPS (+1,3 point)».

cependant, souligne les chercheurs, il existe « des territorialités partisanes fortes » dans cette région qui transcendent l’appartenance linguistique. Elle cite,  à cet égard, l’USFP qui « domine les provinces de Sidi Ifni et de Guelmim, du fait de l’influence des frères Mohamed et Abdelwahab Belfkih. La province de Tiznit et la préfecture d’Agadir sont, elles, sous l’autorité du RNI, du fait de l’influence d’Aziz Akhenouch tandis que la province de Taroudant a soutenu l’Istiqlal, avec la figure d’Abdessamad Kayouh. Le PAM contrôle Chtouka-Aït Baha, Al Haouz et Chichaoua, enfin le MP celle de Ouarzazate, autour de la figure de Saïd Ameskane. »

L’initiative de TAFRA, spécialisée dans les questions politiques et électorales, vient jeter la lumière sur un sujet tabou, celui des réalités linguistiques faisant l’objet de grands enjeux politiques au Maroc. De ce fait, plusieurs projets de loi, sensés résoudre cette question, restent toujours bloqués au parlement, le dernier en date est celui du projet de loi cadre relatif au système de l’éducation.

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