Un an de prison pour l’ex-patron de la CDG marocaine

07 février 2020 - 12:26

Plus de cinq ans après sa première comparution devant le procureur, Anas Houir Alami a écopé d’une peine de prison ferme pour les irrégularités du projet immobilier « Madinat Badès », à Al Hoceima. Tout comme Mohamed Ali Ghannam, ancien patron de la Compagnie générale immobilière (CGI).

La petite sphère des hommes d’affaires marocains est secouée. Et pour cause, le jugement de la Chambre des crimes financiers de la Cour d’appel de Fès est tombé le 4 février à l’encontre d’Anas Houir Alami, l’ex-directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), ainsi que de l’ex-directeur général de la Compagnie générale immobilière (CGI), Mohamed Ali Ghannam. Les deux responsables ont écopé d’une peine de prison ferme et 5 000 dirhams (463 euros) d’amende chacun, pour leur implication dans l’affaire du complexe immobilier Madinat Badès d’Al Hoceïma.

Les 25 autres personnes qui étaient poursuivies dans le cadre de la même affaire et qui étaient poursuivies pour « dilapidation de biens publics et escroquerie, faux et usage de faux, constitution de bande criminelle » sont quant à elles relaxées.

Avant le prononcé de cette décision, Anas Houir Alami et Muhammad Ali Ghannam sont passés près de 20 fois devant le juge Mohamed Lahya, mais ni eux ni leur ni leur avocat, Me Abdellatif Ouahbi, n’ont réussi à le convaincre de leur innocence.

L’affaire remonte à l’année 2014, quand plusieurs personnes ont manifesté leur mécontentement par rapport au projet immobilier « Madinat Badès » à Al Hoceima, dont le promoteur était la CGI, filiale de la CDG.

Dix jours pour faire appel

Les acheteurs, en majorité des Marocains résidant à l’étranger de Belgique et des Pays-Bas, avaient listé de nombreuses anomalies dans les apparentements livrés. La version finale, payée au prix fort de 9 500 dirhams le m², n’avait que peu de ressemblance avec ce qui était promis : finition de très mauvaise qualité, retard de livraison de plusieurs mois… Les propriétaires malheureux avaient alors décidé de faire parvenir l’affaire jusqu’au cabinet royal, en expliquant qu’ils avaient épuisé l’ensemble des recours possibles.

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