Société

Un citoyen appelle à élargir le projet « Rabat, ville des lumières » aux territoires des Zaërs

Dans une lettre ouverte adressée à la cheffe du gouvernement, Fatima Zahra Mansouri, Miloud Hachimi, citoyen engagé originaire de Rommani, appelle à repenser le projet « Rabat, ville des lumières » afin d’y intégrer les territoires ruraux des Zaërs et de faire du rayonnement de la capitale un levier de développement pour son arrière-pays.

Intitulée « Pour une nouvelle vision territoriale de “Rabat, ville des lumières” au service du développement de son arrière-pays », cette lettre, datée du 16 octobre 2026 à Rommani, plaide pour une approche territoriale plus inclusive, capable de réduire les disparités entre la capitale et les communes rurales situées à ses portes.

Tout en félicitant la cheffe du gouvernement pour sa nomination par le roi Mohammed VI et en saluant le caractère historique de l’accession d’une femme marocaine à cette haute responsabilité, l’auteur souligne le contraste entre la dynamique de modernisation de Rabat et les difficultés persistantes rencontrées par plusieurs communes des Zaërs en matière de développement humain et d’accès aux opportunités économiques.

Des disparités éducatives mises en évidence par les chiffres

Pour étayer son appel, Miloud Hachimi s’appuie sur des données du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024, qui font ressortir des écarts importants entre plusieurs communes des Zaërs et la région de Rabat-Salé-Kénitra.

Selon les chiffres cités dans la lettre, la proportion de la population âgée de 10 ans et plus sans niveau scolaire atteint 52,2 % dans la commune de Ghoualem, 51,2 % à Jemaâ Moul Blad et 48,6 % à Aïn Sbit, contre 29,4 % à l’échelle régionale.

Les écarts concernent également l’accès à l’enseignement supérieur. Les proportions mentionnées s’établissent à 2,6 % à Jemaâ Moul Blad, 2,8 % à Ghoualem et 4,1 % à Aïn Sbit, alors que la moyenne régionale atteint 12,6 %.

L’auteur estime que ces indicateurs traduisent des difficultés persistantes d’accès au savoir, à la formation et à la mobilité sociale, qui touchent notamment les jeunes, les femmes et les familles de ces territoires.

Il rappelle, dans ce contexte, l’orientation exprimée par le roi Mohammed VI dans son discours du Trône du 29 juillet 2025, selon laquelle « il n’y a de place, ni aujourd’hui, ni demain pour un Maroc avançant à deux vitesses ».

Faire du rayonnement de Rabat un levier de développement pour les Zaërs

Dans sa lettre, Miloud Hachimi considère que le projet « Rabat, ville des lumières » ne devrait pas être appréhendé uniquement sous l’angle de la modernisation urbaine, de l’attractivité économique et du rayonnement culturel de la capitale.

Il appelle à élargir cette ambition à une dimension territoriale intégrant les communes rurales de l’arrière-pays, notamment celles relevant du cercle de Rommani.

L’objectif, précise-t-il, n’est pas de transformer les campagnes en extensions urbaines ni d’effacer leur identité rurale, mais de construire une complémentarité entre une capitale moderne et attractive et des territoires ruraux dynamiques, accessibles et productifs.

L’auteur met notamment en avant la proximité de Rabat, de ses universités, de ses établissements de formation, de ses institutions et de ses marchés, qui représente, selon lui, un potentiel important pour les jeunes, les agriculteurs et les acteurs économiques des Zaërs.

Il estime toutefois que cette proximité géographique ne pourra se traduire en opportunités concrètes qu’à travers des politiques d’aménagement adaptées, des infrastructures appropriées et des dispositifs d’accompagnement permettant aux populations locales de bénéficier davantage du dynamisme de la capitale.

Pour une nouvelle vision territoriale du projet

À travers cet appel citoyen, Miloud Hachimi invite ainsi le gouvernement à engager une réflexion sur une nouvelle vision territoriale du projet « Rabat, ville des lumières », en intégrant explicitement la dimension de l’arrière-pays rural dans les stratégies de développement régional.

Il plaide pour que les communes des Zaërs cessent d’être considérées comme de simples territoires périphériques et soient pleinement intégrées dans un espace de développement articulé autour de la capitale.

Pour l’auteur, le rayonnement de Rabat devrait également se mesurer à sa capacité à contribuer au développement des territoires voisins, à réduire les inégalités territoriales et à offrir de nouvelles perspectives à leurs habitants.

La lettre se conclut par un appel à dépasser une vision centrée sur le seul périmètre urbain de Rabat pour construire une ambition commune de progrès, fondée sur la solidarité territoriale et un développement plus équilibré entre la capitale et son arrière-pays.

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