Le Salon international de l’agriculture de Meknès a progressivement dépassé le cadre d’un simple rendez-vous annuel réservé aux professionnels pour s’imposer comme un événement international de référence. Au fil de ses éditions, il s’est affirmé comme une plateforme multidimensionnelle dont le rayonnement et l’influence se rapprochent désormais de ceux des grandes manifestations mondiales, à l’image de la Coupe du monde de football que le Maroc s’apprête à coorganiser en 2030.
Cette montée en puissance se traduit à la fois par l’ampleur de sa participation internationale et par l’importance des fonctions économiques et diplomatiques qu’il assume désormais avec une ambition clairement structurée.
Cette transformation s’est nettement confirmée lors de la 18ᵉ édition, consacrant le statut du Salon comme une véritable « capitale mondiale de l’agriculture ». L’événement a attiré plus de 1,1 million de visiteurs et réuni plus de 1 500 exposants issus de plus de 70 pays, sur un espace s’étendant sur plusieurs dizaines d’hectares. Durant quelques jours, Meknès s’érige ainsi en centre décisionnel agricole à l’échelle internationale, à l’instar des grandes villes hôtes des compétitions mondiales.
La place croissante qu’occupe le SIAM se reflète également dans sa dynamique médiatique, traduisant une mutation qualitative dans la gestion de la communication autour des grands événements. Le Salon dépasse désormais son cadre strictement sectoriel pour s’inscrire pleinement dans les agendas médiatiques nationaux et internationaux, porté par une stratégie intégrée articulant médias traditionnels et plateformes numériques.
Par ailleurs, la couverture médiatique ne se limite plus à l’accompagnement d’un événement professionnel ou à la simple présentation d’expositions. Elle s’inscrit désormais dans une logique stratégique, en tant qu’outil de diplomatie économique, contribuant à promouvoir l’image du Maroc comme destination d’investissement agricole et à renforcer son attractivité auprès des capitaux étrangers.
Le SIAM met également en lumière la capacité du Maroc à faire face aux défis climatiques, notamment ceux liés à la raréfaction des ressources hydriques, à travers la mise en avant de projets de dessalement de l’eau de mer, l’adoption de techniques d’irrigation localisée et le recours à des solutions durables. Le Royaume projette ainsi l’image d’un environnement d’investissement résilient, capable de réduire les risques liés aux aléas naturels.
Diplomatie de l’invité d’honneur : de l’Espagne au Portugal
À l’instar des grandes manifestations internationales, le choix de l’invité d’honneur dépasse désormais le simple cadre protocolaire pour devenir un véritable instrument diplomatique et économique. Dans cette logique, l’édition 2026 met à l’honneur le Portugal, après l’Espagne en 2024 et la France en 2025, traduisant une orientation stratégique claire vers le renforcement des partenariats avec l’espace européen.
Cette présence européenne soutenue s’inscrit dans une vision plus large visant à consolider la position du Maroc en tant que pont économique entre l’Europe et l’Afrique. Le Salon agit ainsi comme une plateforme opérationnelle, facilitant les rencontres bilatérales et la conclusion d’accords d’investissement, ouvrant la voie à de nouvelles dynamiques de coopération Sud-Sud et Nord-Sud.
Au-delà de la dimension symbolique, la participation de pays comme l’Espagne et le Portugal traduit une volonté de partenariat stratégique global, incluant des domaines essentiels tels que la souveraineté et la sécurité alimentaires, devenues des axes majeurs du Salon ces dernières années.
Le ministre portugais de l’Agriculture, José Manuel Fernandes, a salué les avancées réalisées par le Maroc, estimant qu’elles reflètent « un développement intelligent, durable et inclusif ». Il a également souligné que le Salon constitue « un espace stratégique de partenariat, de dialogue et de coopération concrète entre les États », et non un simple espace d’exposition de produits.
Il a insisté, dans ce contexte, sur le fait que la coopération requise aujourd’hui ne doit pas rester enfermée dans les mots ou les déclarations communes, mais doit devenir une « coopération effective » sur le terrain, fondée sur la réalisation et la mise en œuvre, et non sur la simple production de mémorandums et de documents.
Dans le même esprit, la ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et des Forêts de France, Annie Genevard, a salué le niveau atteint par le Salon international de l’agriculture de Meknès, exprimant par ailleurs la volonté de son pays, aux côtés de l’Union européenne, de coopérer avec le Maroc et les pays africains afin de mobiliser les efforts en vue de garantir une production durable. Elle a également salué la qualité de la coopération entre le Maroc et la France dans les domaines agricole et de la production animale.
La ministre française n’a pas dissimulé l’admiration de son pays pour les politiques agricoles menées par le Maroc au cours des dernières décennies, considérant que le Salon de Meknès constitue une opportunité privilégiée pour en évaluer les résultats et en présenter les réalisations. Elle a ainsi exprimé le souhait de la France de tirer profit de l’expérience marocaine à travers le Plan Maroc Vert et la stratégie Génération Green.
Elle a souligné que « le Plan Maroc Vert et la stratégie Génération Green ont contribué à surmonter les défis et à accumuler les acquis », ajoutant que « la France se réjouit de renforcer la coopération et d’enrichir l’expérience commune dans les domaines de la recherche scientifique, du développement génétique, de l’équilibre entre production et durabilité, ainsi que de la diversification des ressources grâce aux techniques modernes d’irrigation ».
De son côté, l’Espagne avait déjà été parmi les premiers pays à exprimer son appréciation du niveau atteint par le SIAM, dans un communiqué officiel du ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation, à la suite de la participation du ministre à la cérémonie d’ouverture de la 16ᵉ édition en 2024, estimant qu’il est devenu « l’un des salons agricoles les plus prestigieux en Afrique du Nord ».
D’un salon agricole à un moteur économique
Sur le plan économique, le Salon a largement dépassé sa fonction initiale pour devenir un levier central de stimulation des investissements. Il offre un espace de rencontre entre les acteurs de l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la transformation, et de l’innovation à l’export.
Son importance se manifeste également dans la promotion des stratégies nationales, notamment « Génération Green 2020-2030 », à travers des incitations financières et des facilités administratives destinées à attirer les investisseurs.
Le Salon permet aux agriculteurs marocains, aux visiteurs étrangers et aux délégations internationales de découvrir les principaux mécanismes d’accompagnement, tout en clarifiant la vision stratégique du Royaume et en facilitant la compréhension de l’environnement des affaires.
Par ailleurs, l’événement attire l’attention des fonds d’investissement internationaux intéressés par les opportunités offertes dans les domaines de l’Agritech et des technologies climatiques, en particulier en Afrique du Nord. Cette dynamique repose sur la mise en avant de l’innovation technologique, de la digitalisation des pratiques agricoles et de l’intégration de solutions modernes.
Les accords et partenariats conclus pendant la durée du Salon contribuent à instaurer un climat de confiance, favorisant l’accélération des décisions d’investissement et la concrétisation de projets structurants.
La couverture médiatique joue également un rôle déterminant en transformant les défis agricoles en opportunités économiques, consolidant ainsi la position du Salon comme une plateforme hybride, à la croisée de l’exposition professionnelle et de l’impact financier.
Meknès, carrefour entre l’Afrique et l’Europe
La portée internationale du Salon ne se limite pas à l’Europe, mais s’étend également vers l’Afrique et l’Amérique latine. La participation de nombreuses délégations officielles renforce la position du Maroc comme hub agricole régional et acteur central des échanges internationaux.
Le Salon s’impose comme un levier de renforcement de l’influence économique du Maroc sur le continent africain, en s’appuyant sur le réseau bancaire et logistique que le Royaume a progressivement consolidé. L’investissement agricole au Maroc devient ainsi une porte d’entrée vers les marchés émergents du Sud, tout en constituant un passage stratégique vers les marchés européens au Nord.
L’événement s’est également transformé en une plateforme centrale de diplomatie alimentaire en Afrique, devenant un point de convergence stratégique entre les deux rives de la Méditerranée et un espace de coordination des visions autour de l’avenir de la sécurité alimentaire sur le continent.
Lors de cette édition, plus de 35 pays africains étaient représentés, avec une présence marquée de délégations de haut niveau, mettant en avant les enjeux de souveraineté alimentaire et les perspectives de coopération continentale.
Le Salon a également accordé un créneau significatif à plusieurs pays africains, notamment le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Soudan, afin de présenter leurs expériences en matière de développement du secteur agricole, dans le cadre d’un débat plus large sur les défis de la sécurité alimentaire, ainsi que sur la nécessité d’une coopération internationale en vue d’assurer la durabilité de la production et de faire face aux changements climatiques et aux contraintes géopolitiques.
Le Salon constitue ainsi une plateforme géoéconomique redéfinissant les relations agricoles, tout en consolidant la présence du Maroc en Afrique et son rôle de passerelle vers les marchés européens.
Dans ce cadre, le groupe OCP Africa joue un rôle clé dans le renforcement de la coopération Sud-Sud, notamment à travers la signature d’accords relatifs à la production d’engrais adaptés aux besoins des sols africains.
Plus de quinze accords bilatéraux ont été conclus, portant notamment sur les technologies agricoles et les systèmes d’irrigation, en particulier avec les pays d’Afrique de l’Ouest.
Dans sa dimension géostratégique, le Salon approfondit son rôle de médiateur entre l’Afrique et l’Europe, en facilitant l’adaptation des technologies agricoles aux réalités locales, tout en structurant des mécanismes d’investissement intégrés associant financements européens et expertise marocaine.
Par ailleurs, le Salon a mis en avant des modèles avancés en matière de sécurité hydrique, en présentant l’expérience marocaine dans la gestion des ressources en eau comme une référence partageable, notamment face aux défis climatiques croissants, en lien avec les mécanismes de financement vert et les dispositifs de soutien européens.
Sur le plan de l’innovation, l’événement a confirmé son attractivité auprès des startups européennes et africaines spécialisées dans l’agriculture intelligente, consolidant la transition vers des modèles fondés sur la digitalisation, l’analyse de données et les technologies d’irrigation de précision.
Cette dynamique traduit une évolution structurelle : le Salon dépasse désormais son rôle commercial et professionnel pour devenir une plateforme de recomposition des relations agricoles euro-africaines, fondée sur le transfert de savoir-faire, l’investissement croisé et la construction de chaînes de valeur plus durables.
Dans cette perspective, le SIAM s’impose comme une étape stratégique dans l’émergence d’alliances alimentaires transnationales, faisant de Meknès un centre régional de décision agricole et du Maroc un acteur clé dans l’architecture de la sécurité alimentaire entre l’Afrique et l’Europe.
Une couverture médiatique à la hauteur des ambitions du salon
En matière de couverture médiatique, la 18ᵉ édition du Salon a bénéficié d’un intérêt soutenu de la part d’un large éventail de médias nationaux et internationaux, renforçant ainsi la stature mondiale et le rayonnement croissant du plus grand salon agricole du continent africain, désormais inscrit parmi les grandes manifestations internationales spécialisées dans l’agriculture, toutes filières confondues.
L’édition de cette année a, par ailleurs, reflété une évolution qualitative dans les modes de gestion de la communication autour des grands événements. Le Salon a dépassé son ancrage sectoriel pour s’imposer dans les agendas médiatiques nationaux et internationaux, porté par une stratégie de communication fondée sur l’articulation entre supports traditionnels et numériques.
Ce succès médiatique du Salon international de l’agriculture de Meknès s’est également traduit par une diversification des canaux mobilisés, combinant couvertures télévisées, radiophoniques et presse écrite, en parallèle d’une présence numérique soutenue ayant permis d’élargir l’audience à différentes catégories de publics.
Le Salon a en outre bénéficié d’un élan international accru, notamment avec la mise à l’honneur du Portugal, conférant à la couverture médiatique une dimension stratégique davantage centrée sur les opportunités de partenariats et de coopération Sud-Sud, tout en contribuant à consolider l’image du Maroc en tant que plateforme de dialogue agricole international.
Sur le plan éditorial, l’approche médiatique s’est orientée vers la simplification des problématiques techniques liées au secteur, telles que l’agriculture intelligente, la souveraineté alimentaire et la durabilité de la production animale, en les transformant en contenus accessibles et diffusables, destinés à la fois au grand public et aux acteurs intéressés par les enjeux économiques.
Le recours aux formats numériques courts, ainsi que l’implication d’influenceurs spécialisés, ont contribué à instaurer une interaction directe avec les différentes activités du Salon, notamment au sein des pôles thématiques.
Sur le plan des contenus, la couverture médiatique s’est élargie au cours de cette édition pour intégrer de nouvelles dimensions, mettant en avant le Salon en tant qu’espace géoéconomique de réflexion sur l’avenir de l’agriculture, tout en valorisant les solutions d’agriculture intelligente et les technologies numériques, devenues des axes d’intérêt croissant pour les acteurs économiques.
La programmation adoptée, qui a réservé les premiers jours aux professionnels avant l’ouverture au grand public, a permis de produire deux types de couverture : l’une technique, destinée aux experts, et l’autre plus généraliste, orientée vers le grand public, contribuant ainsi à diversifier les contenus médiatiques et à prolonger leur présence dans l’espace public.
Par ailleurs, les rencontres internationales et les distinctions professionnelles dédiées aux produits du terroir ont renforcé la présence de « récits humains et économiques » dans les couvertures médiatiques. La diversité des pôles thématiques a également permis la production d’un contenu renouvelé quotidiennement, transformant le Salon en une véritable plateforme médiatique continue tout au long de sa tenue.
Parmi les évolutions les plus marquantes figure le passage d’une mise en avant de l’agriculture traditionnelle à une valorisation accrue de l’agriculture intelligente, à travers la création d’espaces dédiés à l’innovation et aux technologies agricoles, ainsi que l’attraction de startups et de fonds d’investissement intéressés par l’« Agritech », illustrant une transformation du récit médiatique du secteur, désormais orienté de la production vers l’innovation.
Une organisation maîtrisée au service de l’excellence
Sur le plan organisationnel, le Salon illustre la capacité du Maroc à gérer des événements d’envergure internationale. L’accueil de flux massifs de visiteurs dans des espaces structurés, répartis en pôles thématiques, témoigne d’une maîtrise logistique avancée. L’introduction de la billetterie électronique, conjuguée à l’organisation de journées réservées aux professionnels, a permis d’optimiser les flux et d’améliorer l’expérience globale, tandis que des dispositifs sécuritaires et logistiques rigoureux assurent une circulation fluide, confirmant le haut niveau d’excellence organisationnelle atteint.
Le Salon s’étend sur une superficie d’environ 370 000 m², accueille plus d’un million de visiteurs, près de 1 500 exposants et plus de 500 coopératives. Il se distingue également par la richesse de sa programmation, avec plus de 55 conférences scientifiques et techniques, la participation de plus de 200 journalistes et la présence de plus de 45 délégations étrangères, renforçant à la fois sa portée médiatique, scientifique et diplomatique.
A l’aune de ces éléments, le SIAM s’impose désormais comme bien plus qu’un simple rendez-vous sectorielau croisement des dynamiques économiques, diplomatiques et médiatiques. À l’instar des grandes manifestations mondiales, il fédère des acteurs aux horizons multiples autour d’enjeux structurants, allant de la sécurité alimentaire à l’innovation agricole, en passant par l’investissement et la coopération internationale. À l’image d’une Coupe du monde, qui rassemble les nations autour du sport, le Salon de Meknès opère une convergence d’un autre ordre : celle des intérêts économiques, des stratégies agricoles et des politiques publiques.
Dans cette articulation entre puissance symbolique et efficacité opérationnelle, le SIAM affirme progressivement son statut de plateforme stratégique globale. Là où le Mondial mobilise les foules et cristallise l’attention médiatique, le Salon, lui, structure des dynamiques durables, façonne des alliances et oriente des décisions à fort impact. À la fois vitrine, levier d’influence et espace de décision, il participe ainsi à redéfinir le positionnement du Maroc sur la scène internationale, en le consacrant comme un acteur central dans l’architecture émergente de la sécurité alimentaire entre l’Afrique et l’Europe.