Politique

Sahara marocain : les États-Unis opposent leur veto au projet de résolution russe sur la MINURSO

Les États-Unis ont opposé leur veto à un projet de résolution russe concurrent concernant la question du Sahara marocain, empêchant ainsi son adoption au Conseil de sécurité des Nations unies. Le texte n’a recueilli que trois voix favorables parmi les 15 membres du Conseil, tandis que 11 pays se sont abstenus et que Washington a voté contre en faisant usage de son droit de veto.

Le projet russe visait à proroger techniquement le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) jusqu’au 31 octobre 2027, tout en maintenant intégralement son cadre institutionnel actuel, la nature de ses missions et sa composante militaire, sans réduction des effectifs.

La proposition russe s’opposait ainsi explicitement aux changements envisagés dans le projet américain, notamment le changement de nom de la mission, sa restructuration sur le terrain et la réduction de 50 % de sa composante militaire.

Sur le volet politique, le texte russe entendait préserver les références traditionnelles du processus de règlement du différend, en écartant la disposition américaine faisant de l’initiative marocaine d’autonomie la base exclusive des négociations. Il privilégiait plutôt la recherche d’une solution juste, durable et mutuellement acceptable, conformément au principe de l’autodétermination.

Le projet prévoyait également de maintenir le mécanisme politique existant, fondé sur les efforts du Secrétaire général des Nations unies et de son envoyé personnel en vue de relancer les négociations avec la participation des quatre parties concernées : le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie.

Par ailleurs, la proposition russe ne reprenait pas les dispositions américaines relatives au recensement des populations des camps de Tindouf dans un délai déterminé.

Pour justifier son opposition au texte russe, la délégation américaine a estimé que cette proposition entretenait le statu quo politique et ne tenait pas compte de la dynamique internationale et du soutien croissant dont bénéficie l’initiative marocaine d’autonomie.

De son côté, la délégation russe a considéré que le rejet de son projet faisait obstacle à la prorogation technique du mandat de la MINURSO, dont l’échéance officielle approchait.

À la suite de ces deux vetos opposés aux projets concurrents américain et russe, le Conseil de sécurité se retrouve face à la nécessité de parvenir rapidement à une formule de compromis afin d’éviter toute interruption du mandat de la mission onusienne.