A Marrakech, une bachelière non-voyante pourrait faillir sa réussite injustement à cause d’une accompagnante ! Voici les détails

08 juillet 2020 - 03:45

De Marrakech, le débat sur les problèmes socio-éducatifs de la personne non-voyante se réinstalle aux entêtes de l’actualité. Au cours de la passation des examens du baccalauréat de cette année, un malheureux incident survient dans une école où une élève bachelière non-voyante passe son examen d’une manière non-aisée. C’était encore une fois le drame de ne pas prendre en considération la spécificité des personnes en situation d’handicap au Maroc.

C’était encore une fois le drame des problèmes pédagogiques d’organisation liés au représentant au niveau de l’écriture sur l’épreuve de l’examen ou ce que l’on appelle l’accompagnant de l’élève handicapé en question.

Safae, une élève bachelière brillante qui a choisi la langue allemande comme deuxième langue, s’est heurtée le jour même de l’examen au grand problème d’une élève accompagnante qui ne sache ni lire ni écrire cette langue trop différente de l’arabe et du français. Sa mère raconte avec douleur et amertume les péripéties de l’incident, disant que la petite famille avait de l’intuition vis-à-vis de ce qui est arrivé à la lettre. Car, elle affirme que la famille avait reçu un appel d’un responsable de l’académie régionale à propos de l’accompagnante avant quelques heures du Jour-J, dans-laquelle il insiste sur la qualité de l’élève accompagnante, ce qui était une demande préalable de la mère de Safae. Mais, après tout cela, et après le grand effort qu’a fait Safae pour maitriser la langue allemande, la pauvre finit par donner une feuille blanche sans aucune réponse aux surveillants.

Cette bachelière non-voyante n’est pas ni la première ni la seule à souffrir de ce fâcheux problème. L’auteur de cet article de sensibilisation, doctorant en analyse du discours «linguistique française», a beaucoup souffert durant son parcours universitaire, et plus précisément en licence à cause du problème récurrent répétitif de l’accompagnant. Il se souvient d’un examen inoubliable en première année dans-lequel il était assisté en une heure par deux accompagnants.

Et quand il a vu à la sortie sa feuille de brouillant, il s’est choqué devant le nombre préoccupant des fautes d’orthographe commises. Finalement, il nous reste qu’alerter les responsables au domaine éducatif à propos de ce problème inquiétant qui fait désespérer la personne non-voyante tout-au-long de ses études. Comme il nous reste qu’à signaler le manque terrible de professionnalisme qui domine le secteur d’enseignement de cette catégorie sociétale.

Certes, nous désespérons, mais nous ne serons jamais battus tant que nous résistons.

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