Repenser le développement à la province de Khouribga : vers une polarisation territoriale intégrée

25 février 2021 - 12:39

La province de Khouribga se présente comme un bassin minier lié à l’exploitation des phosphates, avait donné naissance à des groupements miniers personnalisés avec leurs formes et leurs structures urbaines, d’une part, et leurs fonctions socio-économiques d’autre part. Une activité qui va marquer profondément la ville tout au long de son histoire, D’ailleurs, les problèmes d’insertion se sont aggravés surtout dans les années 1980, à cause des difficultés de commercialisation des phosphates et la progression de la mécanisation dans l’exploitation. De telles difficultés ont poussé les populations vers la recherche d’autres solutions, comme l’émigration vers l’étranger et essentiellement vers l’Europe du Sud et surtout vers l’Italie.

Mais il ressort que la dualité entre l’activité minière et la migration notamment internationale ne pourra pas diffuser le développement au sein de toute la province de Khouribga, notamment les perspectives d’évolution affirment que la population de la province de Khouribga devrait passer de 542 mille d’habitants en2014 à 578 mille en 2020, puis à 632 mille en 2030 et à près de 675 mille en 2040 (CERED).

A cet égard, il faut se pencher à créer des vocations porteuses de l’attractivité économique, la dynamique urbaine et l’intégration sociale. En profitant la proximité des grandes zones économiques et démographiques nationaux (Casablanca, Béni Mellal et Marrakech).

Ces vocations seront portées par des pôles intercommunaux (macro-territoriaux) homogènes et complémentaires :

  • Pole de direction, de subsidiarité institutionnelle et de production :

Il comprend la ville de Khouribga et les centres urbains et ruraux (Boujniba, Boulanouar, Hattane, Ouled Abdoune et Bni Ykhlef) au sein de son rayonnement, a pour objectif, D’abord, de consolider le positionnement de a ville de Khouribga autant que capitale provinciale, Ensuite, de créer un pôle industriel lie au bassin minier de Khouribga et son territoire d’influence, ainsi de recomposer le territoire de Khouribga à travers la création d’un centre ou d’un musée de tourisme paléontologie ou de tourisme scientifiquequi va constituer une valeur ajoutée à l’expérience touristique. –          Pôle urbain et plateforme logistique :Ce pôle regroupe la ville d’Oued Zem et son territoire d’influence notamment la commune territoriale d’Oued Fenane.Il s’agit de l’aménagement d’un territoire moderne, portée par desactivités logistiques dédiées aux produits de l’extraction et aux matériaux de construction notamment le marbre et la pierre.-          Pole de tourisme culturel et écologique durable :Il est constitué par des territoires (la ville de Bejaad et les communes de sa proximité) hors du périmètre du bassin minier. Il est en effet particulièrement important de promouvoirl’attractivité touristique de l’offre culturelle sur l’ensemble du territoire qu’il possède un capital patrimonial historique (Médina), spirituel (Moussem de Sidi Bouabid Echerki) et un tourisme écologique basé sur les opportunités naturelles et géographiques dont dispose la zone de proximité (commune de Bni Zrantel et d’autres communes voisines). –   Pole des territoires agro-touristiques et polyfonctionnels :

Il s’agit des territoires( Lagnadiz et Ain Kicher)  en vocation de l’agrotourismequi est défini comme une activité touristique complémentaire à l’agriculture ayant lieu sur une exploitation agricole, qui met en relation des producteurs et productrices agricoles avec des visiteurs qui découvrent le milieu agricole, à travers des visites à la ferme, ou un séjour permettant la restauration, l’hébergement, la promotion et la vente des produits agricoles de l’exploitation visitée, ainsi d’autres territoires qui s’articulent autour des centres émergents           ( Oulad Boughadi – Ait Aamar / Braksa – Oulad Aissa )qui ont un impact sur le développement du reste des territoires voisins.

Il semble que le moment est venu pour adopter une intercommunalité basée sur le niveau de la territorialisation qui permet aux acteurs d’être plus efficaces, qui travaillent dans un système structuré dans le but, d’une part de créer des projets de développement et d’autre part de faciliter leur articulation entre eux.

 

LAYACHI Nabil

Docteur en Géographie Humaine et Spécialiste en matière de développement territorial et migration internationale

 

 

 

 

 

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