Facteurs externes ou pratiques illicites, le Conseil de la concurrence enquête sur la hausse des prix

18 avril 2022 - 11:30

Le Conseil de la concurrence a annoncé avoir pris l’initiative de se prononcer sur la hausse importante des prix des matières premières et ses répercussions sur le fonctionnement concurrentiel des marchés nationaux, en répondant à une question : Les prix enregistrés sur le marché national sont-ils liés à des facteurs externes relatifs à la hausse des prix des ressources? Ou imputables à des éléments illégaux liés à des pratiques illicites.

Dans une note de référence, publiée sur son site officiel, le conseil a déclaré que de nombreuses études économiques empiriques qui ont été menées sur ce sujet, en particulier celles menées par l’Organisation de coopération et de développement économiques, ont montré que les périodes de crise, similaires à celle que nous connaissons actuellement, offrent un environnement fertile à la possibilité de commettre des délits et des pratiques anticoncurrentielles sur les principaux marchés de produits, puisque certains acteurs économiques ayant recours à l’exploitation de cette situation et à l’augmentation de leurs marges bénéficiaires

. Dans ce cadre, le Conseil a retenu 13 matières appartenant à trois grands groupes de matières de base pour faire l’objet de son avis, et il porte sur les matériaux de construction (ferraille, fer à béton, verre, aluminium, cuivre), et les ressources énergétiques ( l’essence, le gasoil, le carburant et le charbon), et pour les denrées alimentaires, il s’agit de (blé dur, différentes classes de farine de blé tendre, engrais nutritifs, beurre, lentilles et lait en poudre).

S’agissant du contexte de prise de cette initiative, le Conseil de la concurrence a indiqué que les prix des principaux types de produits de base, dits « biens » (c’est-à-dire les matières premières), depuis le deuxième trimestre de l’année 2020, qui a coïncidé avec le début d’assouplissement des restrictions sanitaires, a connu une tendance à la hausse qui s’est consacrée tout au long de l’année, et sa sévérité s’est accrue au cours du premier trimestre de cette année

. Les raisons de la hausse des prix des produits de base sont attribuées, selon la note, au « grand déséquilibre entre l’offre et la demande sur les marchés concernés », en plus du facteur financier lié à la spéculation.

Selon le Conseil de la concurrence, un autre facteur qui explique les raisons de la forte hausse des prix des matières premières, notamment du pétrole et du blé, est un facteur géopolitique lié aux répercussions de la guerre russo-ukrainienne qui a éclaté au début de cette année.

Selon la note de référence, l’avis du Conseil de la concurrence s’articulera autour de trois axes, à savoir : Le premier axe porte sur une analyse approfondie de l’évolution récente des prix au niveau international. Le deuxième axe traite des principales raisons expliquant cette tendance à la hausse, tandis que le troisième axe traite de l’analyse de ses répercussions sur les prix de vente aux consommateurs au niveau national, notamment en ce qui concerne l’évaluation du niveau d’interdépendance entre ces deux variables : l’évolution des prix de vente au niveau mondial et au niveau national.

Les principes généraux, qui ont conduit le Conseil à choisir les produits et secteurs concernés par l’avis, reposent sur trois éléments. Le premier élément est lié à la nature des produits (produit de base ou non essentiel.) et le deuxième élément est liée à l’ampleur de leur dépendance vis-à-vis des marchés mondiaux (un produit fabriqué localement ou importé), alors que le troisième élément est le niveau des augmentations de leurs prix de vente enregistrées sur le marché local (augmentations extrêmement importantes).

Le Conseil de la concurrence a indiqué que l’analyse portera sur deux périodes distinctes : une première période plus large couvrant l’évolution annuelle des quatre dernières années 2021-2018 et une seconde période centrée sur les trois premiers mois de l’année en cours, au cours desquels des fluctuations importantes des prix de vente aux consommateurs ont été relevés sur le marché national, expliquant que les raisons du choix de l’année 2018 tiennent à la volonté d’évaluer l’évolution des prix par rapport à une période de référence avant le déclenchement de la crise sanitaire.

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