Inéluctables, les épisodes de chaleur seront intenses et précoces

22 juin 2022 - 04:00

Le constat est là. Il fait intensément chaud et d’une manière précoce ! Les périodes caniculaires sont ressenties dans les quatre coins du monde et même les plus climatosceptiques sont aujourd’hui affrontés à ce changement climatique qui induit des records de chaleur, de froid, de précipitations et de sécheresse.

Ces dernières semaines, l’Inde, le Pakistan, l’Europe et le pourtour méditerranéen ont connu des épisodes caniculaires précoces et plus intenses. Le changement climatique causé par l’Homme a rendu 30 fois plus probable la vague de chaleur qui a sévi en mars-avril l’Inde et le Pakistan, ont estimé récemment les scientifiques du World Weather Attribution (WWA), le réseau de scientifiques pionniers en matière d’attribution des événements extrêmes au changement climatique.

Si l’Inde et le Pakistan ne sont pas étrangers aux températures élevées, la précocité et l’intensité de cette vague de chaleur sont exceptionnelles, a expliqué le WWA qui s’est concentré sur les températures maximales en mars et avril dans le nord-ouest de l’Inde et le sud du Pakistan.

Le Maroc n’est pas épargné de ce phénomène de changements climatiques comme le montre clairement les vagues de chaleur qu’il a connues la semaine dernière. « Le Maroc connaît durant sa saison estivale (mai-septembre) des remontées récurrentes de la masse d’air saharienne chaude et sèche engendrant une augmentation marquée de la température », a souligné M. Lhoussaine Youabd, chargé du service communication à la Direction générale de météorologie (DGM).

Selon lui, le seuil des 40°C a été toujours atteint ou dépassé durant cette période au niveau de plusieurs régions du Maroc principalement durant les mois de juillet et août de chaque année.

Évoquant le dernier rapport du Groupe Intergouvernemental des Experts de Climat (GIEC), M. Youabd souligne que les résultats montrent qu’il est pratiquement certain que les vagues de chaleur et les canicules sont devenues plus fréquentes et plus intenses dans la plupart des régions terrestres.

Les chaleurs extrêmes ont d’ailleurs vu leur fréquence doublée depuis les années 1980, tandis que les vagues de froid sont devenues moins fréquentes et moins sévères, a-t-il rappelé.

La vague de chaleur reste un phénomène qui s’inscrit dans un cycle climatologique normal pouvant débuter en mois de mai et ne s’achever qu’en mois de septembre. Durant cette période de l’année, la région du grand Sahara reçoit son maximum de chaleur solaire annuelle, engendrant ainsi un réchauffement de la masse d’air située principalement dans les très basses couches atmosphériques.

Cette masse d’air chaud et sec connaît une remontée vers le Nord pour couvrir par exemple la majeure partie du Maroc et atteindre même globalement ou partiellement les pays de la rive nord du pourtour méditerranéen (Espagne, France, Italie, etc). Au Maroc, ce phénomène est connu sous le nom de « Chergui », explique le spécialiste.

En Espagne, une série d’incendies est survenue dans ce pays suite à une vague de chaleur extrême et inhabituelle à cette époque de l’année, considérée par les scientifiques comme une conséquence du réchauffement climatique.

Des températures très élevées sont toujours attendues qui pourraient atteindre 42°C, voire 43°C, selon l’Agence météorologique espagnole (Aemet). L’Espagne demeure en alerte pour un risque généralisé d’incendies de forêt en raison de ces températures élevées.

Pour sa part, Météo France a placé plus de 50 départements en vigilance orange à cause des records de températures élevées pour un mois de juin des plus chauds.

La Grèce a connu, l’été dernier, une grave vague d’une chaleur extrême qui a provoqué des incendies qui ont détruit plus de 100.000 hectares de forêts et de terres agricoles, les pires dégâts causés par des incendies depuis 2007.

Pour l’Organisation météorologique mondiale (OMM), il existe une forte probabilité que le phénomène prolongé La Nina se poursuive cet été, voire jusqu’à l’automne et le début de l’hiver dans l’hémisphère nord, notant que « certaines prévisions à long terme suggèrent même qu’il pourrait persister jusqu’en 2023 ».

Le changement climatique d’origine anthropique amplifie ainsi les effets des phénomènes naturels tels que La Niña et influe de plus en plus les conditions météorologiques. Le phénomène La Niña correspond au refroidissement à grande échelle des eaux de surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial. Il est associé à des variations de la circulation atmosphérique tropicale, autrement dit des vents, de la pression et des précipitations.

Le changement climatique s’avère donc un phénomène vrai et sérieux et des mesures d’atténuation et d’adaptation s’imposent pour éviter le pire.

Inscrivez-vous à la newsletter

PARTAGEZ CET ARTICLE

Découvrez aussi

La météo pour ce vendredi 1er juillet 2022

L’UM5 de Rabat, seule université marocaine à figurer dans le classement CWTS Leiden 2022

« Africain Lion 2022 » : Les dimensions des relations maroco-américaines mises en exergue à Agadir