Politique

Des déclarations officielles en France réchauffent les relations entre Rabat et Paris… Est-il temps de tourner la page du différend ?

Plusieurs indicateurs récents émanant de la diplomatie française portent un message clair indiquant le désir de l’Élysée de tourner la page du différend avec le Royaume du Maroc et d’ouvrir un nouveau chapitre dans les relations bilatérales basées sur la confiance mutuelle et la coopération commune dans de nombreux domaines.

Parmi ces indicateurs figurent les propos de l’ambassadeur de la République au Royaume, Christophe Lecourtier, qui a considéré que la construction d’un avenir commun entre son pays et le Maroc est principalement liée à la clarification de la position de la France sur la question du Sahara marocain, soulignant que « tout le monde à Paris connaît et reconnaît l’importance fondamentale du Royaume, hier, aujourd’hui et demain ».

L’ambassadeur, lors de l’une de ses conférences sur les relations franco-marocaines, a ajouté : « Comment pouvons-nous prétendre avoir de telles ambitions sans prendre en compte les préoccupations principales du Royaume concernant cette question ».

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, a annoncé lors d’un entretien avec le journal local « Ouest France » qu’il travaillerait « personnellement » à rapprocher le Royaume du Maroc et la République française, après les tensions qu’ont connues les relations ces dernières années.

Le ministre a affirmé que le président français lui avait personnellement demandé de contribuer à renforcer les relations franco-marocaines, avec l’écriture d’un nouveau chapitre dans l’histoire des relations, indiquant qu’il œuvrerait à cela.

Ces indicateurs sont-ils le signe d’un dégel imminent dans les relations franco-marocaines ? La reconnaissance complète par la République française de la marocanité du Sahara sera-t-elle atteinte ?

En réponse à ces questions, l’expert en relations internationales, Mohammed Chaqir, a confirmé que les déclarations de l’ambassadeur français s’inscrivent dans la continuité des déclarations précédentes, qui exprimaient la nécessité de surmonter les différends entre les deux pays, y compris la question du Sahara marocain.

L’expert a considéré que la déclaration fait partie des indicateurs visant à créer une base solide pour la visite du président français Emmanuel Macron au Maroc, notamment avec l’existence d’informations confirmant les préparatifs préalables pour une visite prévue du président français en avril et mai.

Selon l’expert en relations internationales, la nomination de l’ambassadeur français avait pour objectif de créer un climat propice à la préparation de la visite et à la négociation pour résoudre les différends qui se sont prolongés, surtout que la République française considère que le moment actuel n’est pas en sa faveur et qu’elle doit s’efforcer de se repositionner au sein du Royaume, surtout avec la présence de concurrents forts sur le marché marocain, notamment le Royaume d’Espagne.

Chaqir a expliqué dans sa déclaration à « Al Omk » que la position espagnole a joué un rôle important dans l’incitation de la France à réfléchir et à accélérer une démarche similaire, visant à développer les relations, que ce soit par des visites de responsables français ou par des déclarations soutenant le renforcement des relations entre toutes les parties.

Parlant de la position de la France sur la question de l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc, Mohammed Chaqir a insisté sur le fait que la France a exprimé sa position sur la question à travers la déclaration du représentant permanent français au Conseil de sécurité, et qu’elle est prête à réaffirmer sa position une fois de plus.

Cependant, il a ajouté : « Mais la reconnaissance de la marocanité du Sahara, à l’instar de ce qu’a fait les États-Unis, semble improbable, mais les autorités françaises peuvent adopter la même position que l’Espagne, ajoutant que cette démarche exposerait la France à de nombreuses critiques de la part du régime algérien ».

Selon l’orateur, la reconnaissance explicite de l’initiative d’autonomie comme seule et unique solution au conflit du Sahara marocain est l’une des conditions essentielles pour sortir de la zone grise afin de reprendre les relations entre les deux parties.

En conclusion, l’expert en relations internationales Mohammed Chaqir a ajouté que la reconnaissance directe de la marocanité du Sahara par la République française affecterait l’équilibre des relations que la France tente de créer dans sa relation entre le Maroc et l’Algérie voisine.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *