Politique

Des députés mettent Benmoussa en difficulté au Parlement, remettant en question les résultats du baccalauréat 2024 comme « incompréhensibles »

Mardi dernier, Chakib Benmoussa, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement primaire et du Sport, a fait face à des critiques de la part des députés concernant les examens du baccalauréat de cette année. Ces critiques sont dues à un taux de réussite élevé malgré les grèves qui ont perturbé l’année scolaire et les faibles performances du système éducatif révélées par plusieurs rapports nationaux et internationaux.

Le groupe socialiste, lors d’une session de questions orales à la Chambre des Conseillers, a souligné que le taux de réussite pour la session ordinaire avait dépassé 67%, soit une augmentation de 10 points par rapport à l’année précédente, qualifiant ce taux de « très élevé et incompréhensible », notant habituellement une augmentation à plus de 70% après les résultats de la session de rattrapage.

Les socialistes ont également mentionné que ces résultats surviennent dans le contexte d’une année atypique, marquée par des grèves ayant entraîné une perte significative de temps scolaire et des difficultés à compléter les programmes, sans données précises sur ces perturbations.

Ils ont interrogé : « Peut-on considérer ces résultats comme logiques au vu des circonstances de l’année scolaire ? Les élèves ont-ils vraiment suivi tous leurs cours et sont-ils véritablement préparés pour la prochaine étape de leur parcours éducatif ? »

Le groupe a ajouté que, selon les évaluations internationales, les élèves marocains se classent parmi les pires en matière de pensée critique et de compétences créatives, indiquant un niveau très bas dans ces domaines. Cela est dû à un enseignement qui surcharge les élèves de connaissances sans développer leurs compétences créatives ni leur enseigner les bases de la pensée critique. De plus, des statistiques officielles antérieures ont montré que 75% des élèves du primaire ne peuvent pas comprendre un texte simple.

Le groupe socialiste a également critiqué le projet « Écoles de leadership » qui se concentre uniquement sur l’éducation de base et ne prépare pas les élèves à l’enseignement supérieur ou universitaire, exacerbant les problèmes d’orientation qui entravent le choix du bon parcours d’études supérieures ou professionnelles après le baccalauréat.

Benmoussa, répondant à une question parlementaire, a insisté sur la crédibilité du baccalauréat, reconnaissant la nécessité de redoubler d’efforts pour améliorer la qualité de l’éducation. Il a souligné que ces efforts sont déployés à moyen terme, avec un accent sur le soutien pédagogique des élèves tout au long de leur apprentissage, notant que le taux de réussite reflète ce que les élèves ont appris pendant l’année scolaire sans surprises inattendues.

Il a conclu que l’amélioration de la qualité avait commencé avec les « Écoles de leadership », axées sur le renforcement des apprentissages fondamentaux, ce qui aurait un impact positif sur les résultats nationaux et les évaluations internationales. Le ministre a également mentionné l’embauche de 300 conseillers d’orientation chaque année pour encadrer les élèves, en coordination avec les institutions d’enseignement supérieur, affirmant que le ministère ne s’immisce pas dans les conditions d’inscription dans certaines institutions d’enseignement supérieur.

 

 

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