Politique

« Un bilan lourd »… Le ministre des Transports reconnaît l’échec à stopper l’hémorragie de la guerre des routes

Malgré l’ampleur des pertes causées par la guerre des routes, le Maroc reste incapable de trouver un mécanisme pour arrêter le saignement continu des accidents de la route mortels, au milieu d’un jeu de responsabilités entre l’imprudence des conducteurs et l’absence de contrôle technique des véhicules et des bus, et entre le manque de volonté gouvernementale stricte pour la sécurité routière qui dépasse les solutions de patchwork qui ont prouvé leur échec à réduire les tragédies routières.

Contrairement aux objectifs fixés par la stratégie nationale pour la sécurité routière visant à réduire le nombre de victimes de la guerre des routes à moins de 2000 morts par an, des statistiques récentes du ministère des Transports et de la Logistique ont révélé des données alarmantes sur les taux de mortalité des victimes d’accidents de la route au Maroc, qui ont augmenté à 3819 morts en 2023.

Le ministre des Transports et de la Logistique, Mohamed Abdeljalil, a exprimé le mécontentement du gouvernement face aux résultats enregistrés en matière de sécurité routière au Maroc, reconnaissant « l’échec » à atteindre les objectifs définis par la stratégie nationale de sécurité routière, visant à réduire de moitié le taux d’accidents de la route.

Selon une présentation faite par le ministre des Transports et de la Logistique, Mohamed Abdeljalil, lors d’une réunion de la commission des infrastructures de base, de l’énergie, des mines et de l’environnement à la Chambre des représentants, les utilisateurs de motocyclettes représentaient 44,25 pour cent, tandis que le nombre d’accidents de la route impliquant des bus de transport public de passagers a diminué à 14 incidents en 2023.

Les accidents de camions, selon les données statistiques présentées par le ministre des Transports, ont diminué de 26,42 pour cent et les véhicules touristiques de 22,50 pour cent, et le taux d’accidents de vélos de 7,27 pour cent, tandis que les bus de transport urbain n’ont connu aucun développement.

Le responsable gouvernemental a révélé que le total des infractions liées aux accidents de la route avait connu une hausse notable de plus de 6 millions d’infractions en 2024, les radars fixes enregistrant le taux le plus élevé à la province de Marrakech et le plus bas à Meknès en raison du non-respect des feux rouges.

Le Maroc connaît de temps à autre des accidents tragiques en raison du transport rural, le dernier étant l’accident dans la province d’Azilal qui a fait 09 victimes, et avant cela, la tragédie de Khouribga qui a fait 10 morts et plusieurs blessures de gravité variable suite à une collision entre trois voitures, et la tragédie de Demnate qui a causé la mort de 24 personnes, augmentant le nombre de victimes d’accidents de la route dans le pays, qui a dépassé 3800 morts l’année précédente.

Le registre des tragédies des accidents de la route contient de lourds bilans, dont les victimes de l’accident de Deroua près de la ville de Berrechid en 2009, l’accident d’un bus de passagers entre Marrakech et Agadir en 2012, la tragédie de Tichka pendant la même année, et l’accident de collision d’un camion avec un bus de passagers entre Laâyoune et Tan-Tan en 2015, et l’accident de Brachoua qui a fait 11 morts dont neuf femmes travailleuses agricoles dans la banlieue de la ville de Khemisset, et avant cela un accident de bus qui a fait 23 morts dans la ville de Khouribga, entre autres accidents de la route qui ont fait des dizaines de morts.

Dans le cadre de la gestion du dossier de la sécurité routière, le ministre des Transports a souligné l’adoption d’un ensemble de mesures et de procédures pour renforcer le système, notamment en renforçant le contrôle routier en coordination avec les différents services concernés pour s’assurer du respect des caractéristiques techniques des motocyclettes, et en combattant la modification de la taille des cylindres du moteur qui aide les motos à rouler à une vitesse inappropriée pour leur structure.

Abdeljalil a souligné l’activation du contrôle des motos à moteur par des radars fixes et le renforcement de la surveillance du port du casque de protection et du respect de la vitesse légale par le renforcement des unités mobiles pour contrôler les infractions dans le cadre du partenariat entre l’Agence nationale de la sécurité routière et la Direction générale de la sécurité nationale.

Le responsable gouvernemental a confirmé que le ministère travaillait à coordonner la gestion du dossier par l’activation des comités régionaux de sécurité routière sous la présidence des gouverneurs et comprenant des membres des services externes, des collectivités territoriales et des conseils provinciaux afin de mettre en œuvre la stratégie nationale de sécurité routière aux niveaux local et régional.

Abdeljalil a parlé de la mise en place par le ministère des Transports et de la Logistique d’une vision future basée sur des chantiers et des projets à long terme en lançant une étude visant à évaluer le premier plan quinquennal pour la période 2017-2021, indiquant qu’il avait été réalisé en 2022 et 2023 et préparant un nouveau plan d’action couvrant la période à venir, et définissant la position stratégique de l’Agence nationale de la sécurité routière pour la période 2024-2028, en plus de préparer un plan national pour développer une mobilité durable et inclusive.

Le ministre des Transports a conclu que nous devons rester attachés à l’objectif de réduire de moitié le nombre d’accidents de la route d’ici 2030 au lieu de 2026, comme le souhaitait la stratégie nationale de sécurité routière, étant donné que nous n’avons pas été en mesure d’atteindre les résultats escomptés selon les normes définies par l’Agence internationale de la sécurité routière.

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