L’Armée Européenne Mission Impossible – Al3omk

L’Armée Européenne Mission Impossible

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« Je regrette le choix fait, a déclaré le président de la République, Emmanuel Macron. Il n’y avait pas que l’offre du Rafale, il y avait aussi l’Eurofighter, une vraie offre européenne. La décision est liée à une procédure belge, à des contraintes politiques du pays mais stratégiquement va a contrario des intérêts européens ». Donc la Belgique a choisi l’avion américain au détriment du Rafale français et de l’Eurofighter d’Airbus.

Après le Danemark, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, la Belgique devient le sixième client européen du F-35, l’avion de combat américain développé par Lockheed Martin pour plus de 400 milliards de dollars.

Parailleurs, les négociations pour la vente de Rafale supplémentaires entre la France et l’Egypte sont freinées par les Etats-Unis. Washington refuse l’exportation d’un composant américain à bord du missile de croisière Scalp que le Caire souhaite acquérir.

Il faut se souvenir que  la visite de François Hollande aux Etats-Unis en février 2014 avait déjà permis de régler la vente de deux satellites espions aux Emirats Arabes Unis (EAU). Les Etats-Unis refusaient alors d’exporter certains des composants “made in USA“ nécessaires à la fabrication de ces deux satellites.

Les Etats-Unis viennent de rappeler à l’Europe, et notamment à la France, leur dépendance vis-à-vis de la législation américaine. Comment l’Europe pourrait-elle retrouver plus d’indépendance sur la question de son industrie de l’armement ? l’industrie européenne de l’armement se met-elle en danger en restant si dépendante des Etats-Unis ? L’armée européenne, est-elle possible ?

Emmanuel Macron a plaidé dernièrement pour la création d’une « véritable armée européenne ». Cette vielle idée n’a jamais réussi à s’imposer en Europe. Plusieurs pays européenspréfèrent rester sous défense américaine dans le cadre de l’Otan.

Macron a précisé « une véritable armée européenne », « face à la Russie qui est à nos frontières et qui a montré qu’elle pouvait être menaçante, on doit avoir une Europe qui se défend d’avantage seule, sans dépendre seulement des Etats-Unis et de manière plus souveraine ».

Cette Europe de la défense est une idée mal identité dont on parle depuis des lustres. Le problème remonte à 1948, avec le traité de Bruxelles, il y a eu des coopérations, des structures, des avancées, des échecs. L’une des derniers tentatives a été le sommet de Saint-Malo en 1998, mais tout a ensuite volé en éclats avec la guerre d’Irak qui a vu les pays européens se diviser.

Le projet récurremment d’armée européenne supranationale reste depuis des années miné car il touche au cœur la souveraineté des Etats-membres. Cette défense européenne, personne ne la veut en réalité. Les pays européens sont très divisés sur ces questions, certains pays membres comptent avant tout sur l’Otan pour les défendre.

On a vu en septembre dernier, le président polonais prêt à débourser au moins deux milliards de dollars pour l’implantation d’une base américaine sur son sol. L’Allemagne n’imagine pas l’Europe de la Défense en dehors d’un cadre otanien.

L’Europe de la Défense a récemment enregistré des avancées, avec deux nouveaux mécanismes dans le cadre de l’UE, la coopération structurée permanente (programmes d’équipements communs), rassemblant 25 Etats membres, doté de 13 milliards d’euros pour financer recherche et capacités.

Neuf pays ont aussi signé l’initiative européenne d’intervention (IEI) impulsée par EmanuelMacron en juillet. Mais il y a trop d’hétérogénéité entre les armées européennes et il n’y a aucun cerveau. Mais un quartier général commun entrerait en concurrence avec celui de l’Otan, que les Etats-Unis n’ont aucun intérêt à lâcher.

Le président américain a qualifié de « très insultante » l’idée de son homologue français de créer une « armée européenne », il a rappelé que l’Europe « devrait d’abord payer sa part à l’Otan ».

Donald Trump a une nouvelle fois, critiqué avec virulence, mardi 13 novembre, la proposition d’Emanuel Macron de créer une armée européenne, quelques jours après avoir jugé très insultants les propos de son homologue français sur la création d’une telle force militaire. Vous vous y perdez ? on rembobine.

Le président américain s’est moqué de son homologue dans une série de message sur Twitter, raillant la “très faible cote de popularité“ d’Emanuel Macron, critiquant sa proposition de créer une armée européenne ou encore attaquent les tarifs douaniers sur le vin.

C’est la première fois que Donald Trump s’en prend de façon aussi frontale à Emmanuel Macron qu’il avait reçu en avril en grande pompe la Maison Blanche pour une visite d’Etat.

L’Elysée n’avait pas réagit vendredi soir au tweet du locataire de la Maison Blanche.

Avec le Brexit et les incertitudes sur le gouvernement italien, la France est relativement isolée dans sa volonté de promouvoir une Europe de la défense industrielle. Si le Royaume-Uni devrait continuer à participer à certains projets (drone Male, JSEF), Paris compte beaucoup sur l’Allemagne avec qui elle a signé deux mémorandum d’accord sur un avion et un char européen.

 

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