Sur fond de crise financière, El Othmani et Terrab accusés de « tuer » Akhbar Al Yaoum

23 février 2020 - 11:41

Le quotidien « Akhbar Al Yaoum» reproche au chef du gouvernement Saadeddine El Othmani et au patron de l’OCP Mostapha Terrab d’être derrière les difficultés financières que vit ce journal depuis l’incarcération de son fondateur Taoufik Bouaâchrine. Dans une série d’éditoriaux, Il a adressé de vives critiques dernièrement à ces deux responsables les accusant de vouloir l’« asphyxier » et le «tuer».

S’adressant, d’abord, au chef du gouvernement, « Akhbar Al-Yaoum» s’est plaint de ne pas recevoir sa part d’aide financière allouée par l'État à la presse nationale. Ces aides ont été accordées à la plupart des journaux marocains il y a plus de deux mois par une Commission ad hoc mais dont « Akhbar Al-Yaoum» a été privé.

« Malgré nos multiples requêtes pour recouvrer nos créances auprès du gouvernement, les autorités en charge de ce dossier, avec à leur tête la présidence du gouvernement, continuent leur manœuvres dilatoires refusant de répondre à nos demandes, en présentant des excuses tragicomique du genre: il y a « une erreur technique» ou « un manque de liquidité».

«Nous tenons, accuse le journal, tous ceux qui nous doivent des créances garanties par la loi, pour responsables de menacer directement et intentionnellement l’existence d’un journal dont le seul crime est de tenir à son indépendance et à son professionnalisme ».

« Outre les services administratifs du département de la communication et du ministère des Finances, poursuit « Akhbar Al Yaoum, nous considérons le gouvernement marocain, dirigé par le Dr Saadeddine El Othmani, comme un acteur original dans le processus d’asphyxie et de lente exécution d'une institution qui exerce un droit garanti par la constitution et les conventions internationales, qui est celui d’informer, de commenter et d'exprimer des courants d'opinion».

Dans le même contexte, Akhbar Al-Youm accuse l’OCP de « persister» dans « des pratique qui dénotent d’un mépris de la constitution et de toutes les dispositions légales». Le journal soutient, en effet, que «Mustapha Terrab, que nous avons contacté officiellement et officieusement, continue de participer à une cérémonie d'exécution organisée de «Akhbar Al Yaoum» en retardant la mise en œuvre des termes du contrat qui lie l’Office à notre journal depuis 2017 commettant ainsi un crime contre la liberté d'opinion et d'expression et contre la volonté collective des marocains exprimée dans leurs lois civiles et commerciales, ainsi que dans la constitution qui a été le fruit de la convergence de la volonté du roi et du peuple durant le printemps arabe ».

Selon le journal, El Othmani et Terrab « sont déterminés, pour des raisons que nous ignorons, à porter le fardeau d'un crime visant ce journal au vu et au su de tout le monde. Aucun de ceux qui ont planifié ce crime n’a voulu laissé de traces claires des moyens utilisés dans cette mise à mort, mais ces deux personnalités ont accepté que l’histoire retienne qu’ils sont les exécuteurs d’une mise à mort extrajudiciaires ».

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