Tazi: Le débat sur la richesse est « dangereux » et ne mènera pas à une réconciliation

18 septembre 2020 - 10:12

Le membre du Comité Spécial sur le Modèle de Développement (CSMD) Karim Tazi, a estimé que le débat actuel sur la richesse ne conduira pas à une réforme de la gouvernance ni à une réconciliation entre les marocains, appelant à ce que chacun assume ses responsabilités.

S'exprimait jeudi, lors d'un débat organisé par le Comité sur le thème de « la participation citoyenne : les nouveaux espaces d'expression politique », le célèbre homme d’affaire de gauche a indiqué que le discours en vogue actuellement sur la richesse la attache cette dernière à ce qui est matériel, c'est-à-dire à extraire les biens, à leur vente et à la distribuer des revenus de cette vente.

Or selon Tazi, les pays les plus riches au monde ne construisent pas leur richesse sur ce qui est matériel, mais plutôt sur des richesses immatérielles citant les exemples de Google et de Facebook qui ne dépendent pas de la richesse matérielle. La vraie richesse, dit - il, est celle que créée les citoyens par eux-mêmes.

D’après Karim Tazi, le discours public et celui des influenceurs sur les réseaux sociaux qui posent des question pour savoir où passe l'argent des produits de la mer et des phosphates est un discours trompeur qui détourne les marocains des vrais problèmes. « Oui, reconnait - il , il y a de nombreux cas de pillage de richesses, mais ce n’est pas cela qui classe le Maroc parmi les pays les moins développés ».

Selon le membre du CSMD, si le Maroc se trouve dans un tel état aujourd’hui c’est que l’État n'a pas réussi à former les marocains pour qu'ils puissent eux-mêmes créer des richesses immatérielles, ajoutant que « nous faisons face à un problème de gouvernance plutôt qu’à un problème de pillage de richesses. Le fait de dire que les problèmes du Maroc concernent uniquement le pillage est un discours dangereux ».

Et d’ajouter: « Il faut que tous les marocains aient une bonne compréhension de la signification de la richesse et de sa redistribution », estimant que le vrai problème est l'absence de l'égalité des chances, citant à titre d’exemple les enfants de l'élite qui étudient dans les missions étrangères et les écoles privées, alors les fils du peuple vont dans les écoles publiques qui ne leur offrent pas un enseignement de qualité leur permettant de créer de la richesse matérielle.

 

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