Étudier : Les partenaires intimes, principaux délinquants sexuels à l’égard des femmes au Maroc

11 février 2021 - 12:35
  • Les violences sexuelles perpétrées par des étrangers à l’encontre des femmes sont nettement moins fréquentes au Maroc que les violences perpétrées par des partenaires.

La grande majorité des femmes ayant survécu à des violences sexuelles au Maroc ont subi des violences de la part de leur entourage personnel intime, selon une étude récente de l’ONG MRA Women.

La recherche a révélé que les maris, fiancés et petits amis actuels ou anciens représentent la majorité des auteurs de violences sexuelles contre les femmes au Maroc.

La violence sexuelle contre les femmes se produit le plus souvent dans les maisons privées, selon le rapport, mais elle peut également se produire dans les espaces publics tels que le lieu de travail, les écoles, les rues et les champs agricoles.

MRA Women a détecté un large éventail de comportements coercitifs parmi les auteurs de violences sexuelles. Il s’agit notamment de l’utilisation ou de menaces de contrainte physique ou de violence, de pressions verbales, de manipulation, de fraude, de fausses promesses, de tromperie et de trahison de la confiance.

Actes de violence sexuelle récurrents

L’ONG a également constaté que la majorité des femmes survivantes de violences sexuelles au Maroc ont subi des actes de violence répétés, sur de longues périodes.

Pour empêcher leurs victimes de dénoncer la violence malgré sa récurrence, l’étude a révélé que les auteurs de ces actes utilisent plusieurs méthodes, notamment le chantage. Les auteurs peuvent utiliser le chantage pour forcer les femmes à avoir des relations sexuelles continues, à les épouser, ou même à leur extorquer de l’argent.

La violence sexuelle contre les femmes au Maroc a un large éventail d’impacts psychologiques, physiques, familiaux, sociaux, sexuels et professionnels sur les victimes. Dans des cas extrêmes, le rapport met en garde contre les actes de violence qui peuvent conduire à des grossesses non désirées, à des tentatives de suicide et à la poursuite ou à l’emprisonnement des victimes pour avoir eu des relations sexuelles en dehors du mariage.

L’étude a souligné que la majorité des femmes survivantes de violences sexuelles attendent longtemps avant de demander de l’aide aux autorités publiques, principalement en raison de leur traumatisme.

Environ 80 % des femmes interrogées par l’ONG – 1 021 au total – ont déclaré avoir demandé l’aide de certains membres de leur entourage, le plus souvent un membre de leur famille.

Les réactions des familles étaient mitigées. Elles comprenaient des réactions de soutien, neutres et préjudiciables.

Les réponses de soutien comprenaient l’accompagnement des victimes vers les services publics, leur protection contre les agresseurs, et leur apporter un soutien financier et moral.

Quant aux réactions préjudiciables, elles ont consisté à expulser les victimes de la maison, à les blâmer et à les forcer à épouser les auteurs.

Les réponses neutres consistaient à dire à la victime d’être patiente et de ne rien faire.

Violences sexuelles sous-déclarées

L’étude a également souligné qu’un grand nombre de femmes ayant survécu à des violences sexuelles au Maroc ne signalent pas les actes de violence aux autorités publiques. Et lorsqu’elles le font, la plupart d’entre elles ont tendance à retirer leurs plaintes au cours de la procédure judiciaire.

Les raisons de ne pas dénoncer les auteurs sont notamment les menaces d’être accusées ou poursuivies elles-mêmes, la non-criminalisation du viol conjugal, le manque de confiance dans le système judiciaire et l’incapacité de faire face aux coûts y afférents.

Un autre problème majeur est la manière dont les autorités publiques réagissent après que les femmes ont signalé un acte de violence sexuelle.

« La réponse des acteurs publics aux cas de violence sexuelle tend à se limiter à déterminer s’il y avait ou non une relation préexistante entre l’auteur et la victime, plutôt que d’enquêter activement et de se concentrer sur les circonstances coercitives de l’incident spécifique », a constaté l’étude.

Pour répondre à certaines de ces questions, le rapport a présenté une série de recommandations. Les suggestions comprenaient notamment de combler les lacunes des lois actuelles sur la violence sexuelle, de se concentrer sur l’auteur et ses actions plutôt que sur la relation entre lui et la victime, de mettre en œuvre des mesures de protection pour les femmes et de développer des stratégies holistiques qui répondent aux différents obstacles auxquels les femmes sont confrontées lorsqu’elles tentent de signaler des violences sexuelles.

Article écrit ParYahia Hatim-10 février 2021 (https://www.moroccoworldnews.com/2021/02/334579/study-intimate-partners-main-sexual-offenders-against-women-in-morocco/)

Traduit par Sahar NASRY-11 février 2021

 

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