Malversations et avenir inconnu au Haut-commissariat aux anciens résistants

22 juin 2021 - 11:24

Créé dans les années soixante-dix, le haut-commissariat aux anciens résistants et anciens membres de l’Armée de libération, est une institution qui vit sans horizon et sans objectif clair. Dilapidation des deniers public, abus de pouvoirs.., la situation est de plus en plus complexe au sein de cette institution, selon les sources du journal « Al Oâmk ».

Dans l’élan nationaliste des années postindépendances, le Haut-commissariat devait prendre en charge les affaires et la mémoire des résistants et des membres de l’Armée de libération. Alors que le nombre des ces dernier se compte en quelques centaines, le budget de cette institution, estimé à des millions de dirhams, devrait être reconsidérée, notamment à cause des scandales successifs et de la mauvaise gestion révélés par le récent rapport de la Cours des comptes.

Avec Mustapha El Ktiri à sa tête depuis plus de 20 ans, cette institution vit une situation misérable marquée par des relations tendues entre les hauts fonctionnaires et les cadres qui en ont marre de ce qu’ils qualifient de « traitement servile et autoritaire » du Haut Commissaire. Agé et dans un état de santé difficile, ce dernier n’est plus en état d’assurer une gestion équilibrée et de prendre les bonnes décisions.

Malversations et mauvaise gestion

Le rapport la Cours des comptes a été sans appels pointant de multiples cas de malversations. Citons, à titre d’exemple, 60 millions de centimes (soit 3 fois le prix du marché) dépensés pour l’achat de photos et le tournage de vidéos lors d’une conférence organisée par le Haut-commissariat, ou bien les 6 millions de centimes payés pour le Wi-Fi dans un hôtel censé, normalement, fournir gratuitement un tel service … etc.

Selon nos sources, le Haut-commissaire cherche, par tout les moyens, à se maintenir dans son poste et à prolonger ses activités. Malgré le peu de résistants encore en vie, il a ainsi lancé, dernièrement, plusieurs musées de la résistance qui ont coûté des milliards de dirhams mais qui n’ont aucune base légale et ne remplissent pas les conditions minimales des espaces d’accueil et de visites publiques. La plupart d’entre eux sont resté fermés ou manquent d’équipements de base tels que les service d’hygiènes et de propreté. De plus, la majorité des articles et des photos exposés n’ont rien à voir avec la thématique de la résistance. Il ont, probablement, été achetés dans des bazars ou sont des dons de personnes n’ayant aucun lien avec les résistants.

Quant aux soi-disant activités et séminaires qui y sont organisés, ils recouvrent, en fait, de grandes souffrances, et des abus subis par le personnel qui est contraint de les organiser avec peu de moyens, voire de payer ses frais de sa poche pour se préserver contre les persécutions du patron.

Une alternative à El Ktiri ou dissoudre le haut-commissariat ?

Au sein de l’institution et dans les centres de prise de décision, plusieurs noms circulent pour succéder à Mustafa Al Ktiri. Celui qui est le plus cité, à cet égard, est Abdelkrim Zarktouni, le fils du fameux résistant national Mohamed Zarktouni. Il est, d’ailleurs, de plus en plus présent dans les médias officiels pour présenter et promouvoir les activités d’un Centre qu’il dirige à Casablanca et qui s’occupe des affaires des résistants.

La Fondation Mohamed Zarktouni pour les études et la recherche a même été promue pour effectuer les tâches et les missions dévolues au Haut commissariat notamment tout ce qui a trait à la communication avec les anciens combattants, ou à la résolution de leurs problèmes sociaux.

L’idée de dissoudre le Haut – commissariat a été évoquée à plusieurs reprises sous les gouvernements précédents, dont celui de Abdelilah Benkirane qui avait envisagé de l’intégrer à l’Administration de la défense nationale, et de rattacher ses musées à la Fondation des musées nationaux, ou au ministère de la Culture. Cependant, et à cause du retard pris dans de la formation du gouvernement, ce plan a été évacué ou, probablement, reporté.

En attendant, tout ceux qui ont parlé au journal « Al Oâmk » se posent ces question : « Combien de temps durera encore cette situation misérable dans laquelle vit cette institution ? combien de temps durera le gaspillages de l’argent public? Et combien de temps encore durera le mépris à l’égard de cadres et de personnels qui pourraient être rentables dans des tâches plus utiles pour le pays ? ».

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