Économie

Interview avec le président de la Comader, Rachid Benali

Le président de la Confédération Marocaine de l’Agriculture et du Développement Rural (Comader), Rachid Benali, revient, dans une interview accordée à la MAP, sur la situation de l’approvisionnement des marchés en produits agricoles durant la première moitié du Ramadan ainsi que sur les origines de la hausse des prix et les principaux mesures à mettre en place pour y faire face.

1. Quelle est la situation de l’approvisionnement des marchés depuis le début du mois de Ramadan en produits agricoles ?

Durant la première moitié du mois de Ramadan, les marchés ont connu un approvisionnement en produits agricoles en quantités suffisantes et ce, contrairement à plusieurs autres pays qui connaissent une pénurie des produits alimentaires, sous l’effet des crises récentes.

Actuellement, le monde entier souffre à la fois des effets du changement climatique, de la crise géopolitique, ainsi que des séquelles de la pandémie du Covid-19, dont les répercussions ont été largement ressenties, particulièrement en matière de production.

2. Quid de la hausse des prix des produits agricoles ? Peut-on s’attendre à une baisse dans les mois qui suivent ?

La problématique de la hausse des prix que nous vivons actuellement tire ses origines des facteurs à la fois externes et internes.

Pour ce qui est des facteurs externes, il s’agit principalement de la hausse des prix des intrants, y compris les engrais azotés, les produits chimiques et les semences que le Maroc importe du reste du monde.

Les facteurs internes, quant à eux, sont liés notamment au stress hydrique (baisse des niveaux des nappes phréatiques et des volumes globaux d’eau stockés dans les barrages) et à la problématique du financement, qui ont poussé les agriculteurs à baisser la superficie des terres cultivées, causant une baisse de production.

Un autre facteur interne très important à évoquer est celui de la multiplicité des intermédiaires due principalement à la baisse des revenus des agriculteurs durant la période post Covid-19 et aux difficultés d’octroi des crédits. L’agriculteur s’est ainsi vu obligé de commercialiser ses produits agricoles avant leur maturité et à des prix très bas.

Cela dit, le nombre des intermédiaires qui cherchent à profiter de cette situation a augmenté: l’agriculteur vend le produit avant sa maturité au premier intermédiaire, le 2eme intermédiaire l’achète à un prix plus élevé et le stocke, l’opération de stockage causant la perte de près de 30% de la quantité des produits stockés entraîne une nouvelle hausse du prix de vente, et ainsi de suite.

Les produits changent de mains plusieurs fois entre intermédiaires, avant d’arriver au consommateur final qui les achète à un prix beaucoup plus élevé que celui proposé par l’agriculteur dans un premier temps.

3. Quelles mesures à mettre en place pour faire face à cette hausse des prix?

Il est principalement question de lutter contre les intermédiaires et spéculateurs pour assurer la baisse des prix des produits agricoles et l’approvisionnement permanent du marché interne.

Toutes ces questions ont été d’ailleurs évoquées lors de la série de réunions tenues avec le Chef du gouvernement, eu égard notamment à l’importance du sujet, non pas uniquement pour les consommateurs, mais aussi pour les agriculteurs et les habitants des zones rurales qui constituent près de 40% de la population marocaine.

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