Le Syndicat UMT Accuse Ryanair d’« Extorsion » au Maroc et Dénonce la Précarité de ses Employés

Le groupe de l’Union Marocaine du Travail (UMT) à la Chambre des Conseillers a lancé une attaque virulente contre la compagnie aérienne à bas coûts Ryanair, l’accusant d’« extorsion » des États et des aéroports, tout en bénéficiant de soutiens et d’avantages, y compris de l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT).
Lors de la discussion du budget sectoriel du ministère du Transport et de la Logistique, ce lundi, Noureddine Selik, président du groupe UMT, a affirmé que les tarifs prétendument bas de Ryanair au Maroc, souvent présentés comme un avantage par rapport à Royal Air Maroc (RAM), masquent une réalité sombre concernant les droits des travailleurs.
L’élu syndical a souligné que Ryanair emploie des Marocains et des Marocaines avec des salaires dérisoires, des contrats temporaires et sans couverture sociale. Il a contrasté cette situation avec celle de la RAM, qui assume l’intégralité du coût social, garantissant un salaire minimum et des avantages à ses employés.
« Le citoyen marocain qui voyage de Casablanca à Oujda voit les prix abordables, mais il ne perçoit pas les violations subies par les employés de Ryanair, » a déclaré Selik, considérant cette question comme un « test pour le gouvernement » dans le cadre de la construction de l’État social.
Selik a insisté sur la dimension internationale de l’abus, affirmant que Ryanair « extorque les États » et fait des politiques de transport régionales les otages de ses décisions, une situation déjà observée dans plusieurs pays africains.
Face à cette menace, il a plaidé pour une politique claire de soutien à la RAM, à la fois matériel et logistique, et a suggéré la création éventuelle de compagnies régionales pour le transport intérieur. Ceci est crucial, selon lui, pour garantir que le Maroc tire pleinement profit des projets majeurs à venir, tels que l’organisation du Mondial 2030 (initialement 2026 dans le texte, mais ajusté au contexte actuel).
Le chef du groupe UMT a réitéré que si le Maroc est ouvert à l’investissement, il ne peut y avoir de « tolérance pour le voyage ou le nombre de passagers à n’importe quel prix » si cela se fait au détriment du respect des lois et de la contribution à l’État social.
« La politique doit être au service de l’être humain, » a conclu Selik, avertissant le gouvernement contre la négligence du rôle de ces compagnies dans l’érosion des droits des travailleurs et dans l’influence négative sur les politiques de transport nationales et internationales.
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