Artisanat : Le Maroc amorce une nouvelle ère de croissance à haute valeur ajoutée (vidéo)

Le Secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Lahcen Saâdi, a affirmé que le secteur de l’artisanat au Maroc est entré dans une nouvelle phase d’accélération, visant à améliorer ses performances et à renforcer sa contribution au développement socio-économique national. Il a souligné que le secteur a connu une transition structurelle majeure, passant d’une activité à vocation essentiellement sociale à un secteur productif performant, créateur de valeur ajoutée et d’emplois.
S’exprimant lors de l’ouverture du Forum international de l’artisanat, organisé ce lundi dans le cadre de la neuvième édition de la Semaine nationale de l’artisanat, placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Secrétaire d’État a indiqué que ce rendez-vous, tenu sous le thème « L’artisanat : vers une nouvelle dynamique d’investissement et d’exportation à forte valeur ajoutée », constitue une étape stratégique pour mettre en lumière la profonde transformation qu’a connue le secteur ces dernières années, grâce à une mobilisation collective des acteurs publics et privés et à une prise de conscience accrue de son importance économique et stratégique.
M. Saâdi a précisé que cette transformation a été déployée selon une approche intégrée, reposant sur une première phase de structuration, suivie d’une phase d’accélération du développement et de relance. Il a rappelé que la réforme du cadre réglementaire s’est concrétisée par l’adoption de la loi n°50.17 relative à l’exercice des activités de l’artisanat, la mise en place du Registre national de l’artisanat, qui compte plus de 440.000 inscrits, ainsi que le lancement du chantier de structuration des organisations professionnelles. À cela s’ajoute la généralisation de la protection sociale au profit des professionnels du secteur, dont bénéficient environ 660.000 artisanes et artisans.
Sur le plan économique, le responsable gouvernemental a indiqué que cette dynamique s’est traduite par des résultats tangibles, avec un chiffre d’affaires global estimé à près de 147 milliards de dirhams. Les exportations de produits de l’artisanat ont, quant à elles, atteint un niveau record de 1,23 milliard de dirhams en 2025, enregistrant un taux de croissance annuel moyen de 7,6 % entre 2019 et 2025. Le secteur contribue également à hauteur d’environ 10 % des recettes touristiques en devises, générées par l’acquisition de produits artisanaux.
Concernant les marchés extérieurs, M. Saâdi a précisé que les États-Unis arrivent en tête des pays importateurs avec 49 % des exportations, suivis par la France (10,5 %) et la Turquie (6 %). S’agissant des produits exportés, la céramique et la pierre dominent avec 35,7 %, devant les tapis (18 %) et les vêtements traditionnels (17 %).
Le Secrétaire d’État a également souligné que le taux de satisfaction de la demande internationale pour les produits de l’artisanat marocain dépasse 90 %, notant que le design constitue le premier critère de satisfaction. Ces indicateurs témoignent, selon lui, de l’efficacité des réformes engagées, de l’amélioration de la qualité des produits et du renforcement de leur compétitivité sur les marchés national et international.
En matière d’accès aux marchés, il a expliqué que la stratégie adoptée repose sur quatre axes majeurs, à savoir la participation à des événements promotionnels à forte valeur ajoutée, le développement des réseaux d’affaires, la conclusion de partenariats commerciaux et le déploiement de campagnes de communication ciblées. Il a également mis en avant l’existence d’un système de qualité structuré, comprenant 77 labels collectifs de certification et 446 normes de conformité, dont ont bénéficié plus de 2.500 unités de production.
Par ailleurs, Lahcen Saâdi a indiqué que trois programmes structurants ont été lancés pour accompagner les artisans, à savoir le programme d’excellence, le programme d’accompagnement des exportateurs et le programme de soutien aux agrégateurs, ayant profité à 228 bénéficiaires entre 2024 et 2025.
S’agissant de la formation, le Secrétaire d’État a insisté sur le rôle central du capital humain dans la durabilité du secteur, faisant état d’un taux d’insertion professionnelle des diplômés supérieur à 85 %. Le dispositif de formation compte 67 établissements, offrant une capacité de plus de 35.000 places pédagogiques, avec 73.427 stagiaires, dont 63 % de femmes. Il a également rappelé la signature d’un nouveau contrat-programme pour la formation par apprentissage 2025-2030, visant la formation de 30.000 jeunes par an, avec pour objectif d’atteindre 150.000 inscrits à l’horizon 2030.
En conclusion, le Secrétaire d’État a souligné que la prochaine étape exige l’accélération du changement structurel du secteur, le renforcement du rôle institutionnel des Chambres de l’artisanat, la modernisation des missions de la Maison de l’Artisan, la garantie d’un accès durable aux matières premières, ainsi que le renforcement de la digitalisation, la modernisation des infrastructures et l’adaptation du système de formation aux exigences des marchés, afin de consolider la compétitivité de l’artisanat et d’en faire un pilier majeur du développement économique et social.
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