Espagne : une vaste fuite de données expose 500 pages sur la police, la Guardia Civil et l’armée

Le dossier de la vaste fuite de données personnelles concernant des membres des services de sécurité et des forces armées espagnoles entre dans une nouvelle phase judiciaire. L’association professionnelle « Justicia para la Guardia Civil » (JUCIL) a saisi l’Audiencia Nacional, la juridiction espagnole compétente notamment pour certaines affaires pénales d’envergure nationale, afin de demander l’ouverture d’une enquête destinée à identifier la source des informations ainsi que les parties responsables de leur collecte et de leur diffusion.
Le dossier porte sur près de 500 pages et contient des données personnelles concernant un nombre indéterminé de membres de la Guardia Civil, de la Police nationale et des forces armées espagnoles. L’association les considère comme « extrêmement dangereuses », compte tenu de la nature des personnes concernées et de la sensibilité des informations divulguées.
JUCIL demande à la justice espagnole de déterminer qui a obtenu ces données, quelle en est la source et quelles sont les personnes ayant participé à la préparation du fichier et à sa diffusion. Elle souhaite également que soient établies les éventuelles responsabilités pénales qui pourraient découler des résultats de l’enquête.
L’association appelle également à l’adoption de mesures d’urgence afin d’empêcher la poursuite de la circulation du fichier, notamment en procédant à son retrait ou à son blocage lorsque cela est possible. Elle demande parallèlement de préserver les preuves numériques susceptibles de permettre de retracer le parcours de la fuite et de remonter jusqu’aux responsables de l’obtention, de la préparation et de la diffusion des données.
La nature des informations divulguées fait également peser des risques supplémentaires en matière de sécurité. Selon l’association, certaines données pourraient permettre d’identifier des agents des services de sécurité ou des militaires, de déterminer leurs lieux d’affectation ou encore de prendre contact avec eux. Elle met en garde contre la possibilité que ces informations soient utilisées dans des opérations de surveillance, d’ingénierie sociale ou de préparation d’actions terroristes, voire dans le choix de personnes susceptibles d’être prises pour cible, avec des conséquences pouvant également atteindre leurs proches.
JUCIL demande par ailleurs de vérifier si les données ont été collectées, en totalité ou en partie, à travers un logiciel malveillant ou par le biais d’un accès non autorisé à des systèmes informatiques, des appareils, des comptes ou des bases de données. L’objectif est de retracer les différentes étapes par lesquelles le fichier est passé, depuis l’obtention des informations jusqu’à leur rassemblement, puis leur diffusion sur Internet.
Dans ce contexte, le secrétaire général de l’association a appelé à l’implication des unités spécialisées de la police dans l’enquête, ainsi qu’à l’examen des canaux et des comptes utilisés pour diffuser le fichier. Il demande également de préserver les informations et les éléments de preuve disponibles sur la plateforme « Telegram » et d’identifier les personnes susceptibles d’avoir participé à l’obtention, à la préparation ou à la diffusion des données.
L’action judiciaire a débuté dès les premières révélations. JUCIL avait annoncé, le 18 août dernier, avoir mis ses services juridiques à la disposition des membres de la Guardia Civil concernés, après avoir été informée de la fuite. Selon les informations dont elle disposait alors, la Police nationale espagnole avait ouvert une enquête sur une fuite de données concernant des membres de la police, de la Guardia Civil et de l’armée.
Le transfert du dossier devant l’Audiencia Nacional signifie que l’association cherche à élargir le champ de l’enquête afin de déterminer non seulement comment les données ont été diffusées, mais aussi leur source initiale et l’éventualité d’un accès non autorisé à des systèmes ou à des bases de données. Il s’agit également d’identifier les motivations à l’origine de la constitution de ce fichier massif, qui rassemble des informations liées à des membres d’institutions de sécurité et militaires.
À ce jour, les sources publiques consultées par « Al3omk » n’ont pas révélé le nombre exact de personnes concernées par la fuite. Les autorités judiciaires n’ont pas non plus encore annoncé les résultats d’une enquête permettant d’identifier la partie responsable de la fuite ou la manière dont elle a obtenu les informations.
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