Incendies en Algérie : 12 morts, 13 wilayas touchées, le dispositif de l’État sous pression

La nouvelle vague d’incendies qui a frappé plusieurs régions d’Algérie a laissé derrière elle un lourd bilan humain et une succession de foyers difficiles à contenir. En l’espace de quelques jours, 193 incendies de couvert végétal ont été recensés à travers le pays, dont 46 étaient encore actifs dans 13 wilayas au matin du 27 août. Douze personnes ont perdu la vie et 54 autres ont été blessées, dont six grièvement. Une séquence qui remet au premier plan les capacités de prévention et d’intervention face à des feux se déclarant simultanément sur plusieurs territoires.
Les wilayas de Jijel, Béjaïa et Tizi Ouzou ont payé le plus lourd tribut. Cinq décès ont été enregistrés à Jijel, quatre à Béjaïa et trois à Tizi Ouzou. Parmi les victimes figure un enfant de huit ans. Face à l’ampleur du drame, le président Abdelmadjid Tebboune a décrété trois jours de deuil national à compter du 27 août.
La propagation des incendies est intervenue dans des conditions météorologiques particulièrement défavorables, marquées par de fortes chaleurs et des vents soutenus. À 7 heures, le 27 août, la Protection civile faisait état de 193 incendies de couvert végétal à travers le pays. Si 147 avaient été éteints, 46 foyers restaient actifs dans 13 wilayas. Jijel, Béjaïa et Skikda en comptaient alors sept chacune, devant El Tarf et Tizi Ouzou, avec cinq foyers chacune.
Sur le terrain, les opérations ont mobilisé d’importants moyens terrestres et aériens. La Protection civile a déployé ses équipes sur plusieurs fronts, tandis que des appareils de lutte contre les incendies ont été engagés dans les secteurs concernés. L’Armée nationale populaire a également participé aux opérations avec des moyens aériens, notamment des avions bombardiers d’eau et des hélicoptères lourds. Les Beriev Be-200 disposent d’une capacité annoncée de 12.000 litres d’eau, contre jusqu’à 15.000 litres pour les hélicoptères Mi-26.
Cette mobilisation n’a toutefois pas empêché des évacuations dans certaines zones menacées par la progression des flammes. À Jijel, notamment dans la commune de Texenna, des familles ont dû quitter préventivement leurs habitations. Deux avions AT-802 ont également été engagés dans les opérations d’extinction. Dans plusieurs localités touchées, des habitants ont participé aux efforts visant à protéger les habitations et les biens exposés au feu.
L’ampleur géographique de l’épisode constitue l’un des principaux défis rencontrés sur le terrain. La présence simultanée de dizaines de foyers dans plusieurs wilayas a imposé une dispersion des équipes et des moyens d’intervention, alors que certaines zones forestières restent difficiles d’accès. Cette configuration a une nouvelle fois exposé la vulnérabilité de territoires régulièrement confrontés aux incendies durant la saison estivale.
Deux jours plus tard, la pression restait importante. Au 29 août à 7 heures, la Protection civile faisait état de 123 incendies enregistrés au cours des 24 heures précédentes. Parmi eux, 118 avaient été éteints tandis que cinq foyers demeuraient actifs : deux à Jijel, deux à Sétif et un à Tébessa. Ces chiffres témoignent de la succession rapide des départs de feu et de la pression exercée sur les capacités d’intervention durant plusieurs journées consécutives.
La répétition de tels épisodes replace également la prévention au centre des interrogations. L’Algérie est régulièrement confrontée à des incendies de forêt meurtriers, particulièrement dans les régions du nord du pays. À chaque épisode majeur se posent les mêmes questions sur la surveillance des massifs, la rapidité de détection des foyers, l’anticipation des évacuations et la capacité du dispositif à intervenir simultanément dans plusieurs zones éloignées les unes des autres.
Cet épisode met en évidence les fragilités du dispositif algérien de prévention et d’intervention face à des incendies simultanés. La multiplication des foyers dans plusieurs wilayas, les évacuations de populations et l’ampleur des moyens mobilisés pour contenir les feux révèlent les difficultés du système à anticiper et à gérer une situation qui se déploie sur plusieurs fronts à la fois. La surveillance des zones exposées, la détection des départs de feu et la coordination des interventions apparaissent ainsi comme les principales faiblesses d’un dispositif dont les limites ont été particulièrement visibles durant ces incendies.
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