Bourita: Le différend au Sahara « empêche la normalisation des relations entre le Maroc et l’Algérie » – Al3omk

Bourita: Le différend au Sahara « empêche la normalisation des relations entre le Maroc et l’Algérie »

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Clap de fin pour la conférence ministérielle africaine à Marrakech. Organisé lundi 25 mars par le Maroc dans le but de mettre en avant l’appui de l’Union africaine (UA) au processus politique de l’ONU sur la question du Sahara, l’événement a connu la participation, en plus du Maroc, de 36 pays africains issus des cinq sous-régions du continent.

Certains parmi eux ont changé de position concernant le différend régional au Sahara ces dernières années, a indiqué le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI), Nasser Bourita, lors d’une conférence de presse à l’issue de cette réunion ministérielle. L’Algérie, la Mauritanie, parties concernées par le différend régional, et l’Afrique du Sud, connue pour ses positions pro-Polisario, ne figuraient cependant pas parmi les délégations africaines participantes.

“Le Maroc ne cherchait pas à créer une quelconque alliance”

Les travaux de cette conférence ministérielle ont été sanctionnés par une déclaration finale qui souligne “l’unanimité des pays participants quant à l’exclusivité des Nations Unies en tant que cadre de recherche d’une solution politique, mutuellement acceptable, réaliste, pragmatique et durable à la question du Sahara, en excluant tout processus parallèle”, a indiqué le ministre.

La déclaration finale a aussi réitéré que la Décision 693, adoptée lors du 31ème sommet de l’UA à Nouakchott en juillet 2018, stipule que le rôle de l’UA “consiste en l’accompagnement et l’appui du processus onusien et des efforts consentis par les Nations Unies et non pas en le développement d’un autre processus”, a expliqué le ministre, rappelant que cet appui de l’UA passe par la “Troïka”, formée par les présidents sortant, en exercice et entrant de l’UA, ainsi que le président de la commission sur le Sahara.

“En accueillant cette conférence, le Maroc ne cherchait pas à créer une quelconque alliance, mais aspirait à mettre en place une plate-forme commune soutenue par les 3/4 des pays de l’UA, qui n’est autre que celle fondée sur la Décision de Nouakchott”, a affirmé le ministre, soulignant que cette conférence a été organisée suite à la tenue de la deuxième table ronde organisée par l’ONU à Genève la semaine dernière, rassemblant le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie, et suite “aux tentatives visant à dévier l’Afrique de ses positions claires et équilibrées” sur ce différend régional.

“Ce différend régional a un coût”

Le ministre a affirmé que le Royaume est toujours convaincu que ce différend régional a un coût, d’abord pour les populations des camps de Tindouf qui vivent dans “des conditions très difficiles à la merci des aides humanitaires, et peuvent être attirées par les sirènes de l’extrémisme et du terrorisme”.

“Le Maroc est aussi conscient que ce différend empêche la normalisation des relations bilatérales entre le Maroc et l’Algérie et estime, de ce fait, que le règlement de cette question favoriserait la relance de l’intégration maghrébine”, a-t-il encore indiqué.

M. Bourita a, par ailleurs, fait remarquer que le Maroc s’est engagé dans le processus des tables rondes de Genève, tout en veillant à ce que les quatre parties concernées s’impliquent dans tous les débats et toutes les questions.

Le royaume s’est engagé dans ce processus pour “tester la volonté” des autres parties et vérifier s’il existe un véritable engagement pour aller de l’avant dans le sens voulu par la communauté internationale et le conseil de sécurité de l’ONU, a-t-il ajouté, faisant savoir que “si on revient vers la rhétorique et les discours stériles, alors à ce moment-là, une évaluation de ce processus s’impose”.

La conférence ministérielle africaine de Marrakech vient clarifier l’apport de l’UA à ce processus onusien, a-t-il relevé, soulignant que le rôle de l’organisation panafricaine est d’apporter son appui aux efforts de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Horst Khöler, et aux résolutions du conseil de sécurité des Nations Unies “en vue de parvenir à une solution réaliste, pragmatique durable et basée sur le compromis à ce différend régional”.

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