Investissements massifs, intégration africaine, diversification sectorielle, infrastructures, exportations… Les provinces du Sud pourraient bien devenir l’un des moteurs les plus puissants de la croissance nationale, seul condition : un plan d’autonomie structuré autour d’une architecture institutionnelle claire, une répartition optimale des compétences et des mécanismes solides de gouvernance et de discipline budgétaire.
Près de sept ans après les dernières négociations directes, la rencontre quadripartite entre le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario, tenue les 8 et 9 février 2026 à Madrid sous l’égide des États-Unis et de l’ONU, donne une nouvelle dynamique politique à la cause nationale et ce, dans le cadre de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 31 octobre 2025.
Mais au-delà des discussions politiques, un enjeu majeur se confirme : l’impact économique du plan d’autonomie proposé par le Royaume. Car si le débat institutionnel se poursuit, la réalité économique, elle, avance déjà. Les provinces du Sud connaissent une dynamique d’investissement et de modernisation qui pourrait, à moyen et long terme, renforcer durablement la croissance de l’économie marocaine. Cette orientation s’inscrit dans la vision stratégique de Sa Majesté le Roi Mohamed V, fondée sur le développement territorial équilibré, l’ouverture africaine et la montée en gamme des infrastructures nationales.
En effet, les provinces du sud qui représentent près de 45 % du territoire national, contribuent à hauteur d’environ 4 à 5 % du PIB marocain et le PIB par habitant y est supérieur à celui de plusieurs autres régions du pays. Cette performance traduit une transformation économique réelle, appuyée par des investissements publics structurants et une meilleure intégration aux circuits économiques nationaux.
Le premier levier de croissance tient aux infrastructures. La modernisation de l’axe routier reliant Tiznit à Dakhla a considérablement amélioré la fluidité des échanges. Le projet du port Dakhla Atlantique, appelé à devenir l’un des plus importants pôles logistiques du sud du Royaume, renforce la capacité du Maroc à se positionner comme plateforme entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest. En réduisant les coûts de transport, en facilitant les exportations et en attirant des investisseurs industriels, ces projets créent un effet multiplicateur sur l’ensemble de l’économie nationale. Chaque dirham investi dans ces infrastructures génère de l’activité dans le bâtiment, la logistique, les services et l’industrie.
Le deuxième levier concerne les ressources stratégiques. Le site de Bou Craa, exploité par le groupe OCP participe à la chaîne mondiale des phosphates, un secteur dans lequel le Maroc occupe une position dominante. La valorisation de ces ressources, combinée à des investissements industriels et technologiques, soutient les exportations et renforce la balance commerciale. Dans un contexte international marqué par les enjeux de sécurité alimentaire, cette filière constitue un atout majeur pour la croissance nationale.
La diversification économique renforce également le potentiel de croissance. La pêche et l’aquaculture ont fait de Dakhla un pôle majeur d’exportation. Les énergies renouvelables, grâce aux conditions climatiques favorables, ouvrent des perspectives dans l’électricité verte et l’hydrogène. Le tourisme durable, orienté vers les sports nautiques et l’éco-tourisme, attire une clientèle internationale à forte valeur ajoutée. Cette pluralité d’activités réduit la dépendance à un seul secteur et consolide la résilience économique.
Pour les investisseurs étrangers, le signal est clair. La stabilité institutionnelle, la continuité stratégique et la montée en gamme des équipements renforcent la crédibilité du Maroc comme destination d’investissement. En consolidant l’intégration des provinces du Sud dans les chaînes de valeur nationales et africaines, le plan d’autonomie permettra certainement d’élargissement de la base productive du pays et à stimuler la croissance globale.
En définitive, le plan d’autonomie ne se limite pas à une solution institutionnelle. Il doit être adapté pour agir comme un catalyseur économique capable d’amplifier la croissance marocaine à travers les infrastructures, les exportations, l’investissement et la diversification sectorielle. Si cette dynamique se poursuit dans un cadre de gouvernance efficaces et d’inclusion sociale, elle pourrait constituer l’un des moteurs les plus solides de l’économie nationale dans la décennie à venir.