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Cyberviolence à l’égard des femmes : L’autre face cachée des nouvelles technologies

Depuis l’avènement du numérique, la cyberviolence faite aux femmes est devenue monnaie courante, transformant en cauchemar la vie des victimes, dont certaines l’endurent en silence alors que d’autres décident de s’exprimer publiquement pour donner l’exemple et lever le tabou sur ce phénomène.

Samia, étudiante en dernière année de licence, en a fait la triste expérience. A presque 21 ans, ses jours ont failli basculer dans l’instabilité après une banale soirée étudiante. Des photographies et des vidéos d’elle ont été prises à son insu par un de ses collègues dans l’objectif de lui extorquer de l’argent. Fort heureusement, elle en avait prévenu ses parents qui ont aussitôt avisé les services de police, et le nécessaire a été fait.

Le scénario aurait pu tourner en drame, bien des jeunes, surtout les filles, pensent au pire pour pouvoir s’extirper d’une telle situation. Dans les établissements scolaires, universitaires et même en milieux professionnels, la cyberviolence gagne du terrain. La technologie a facilité l’anonymat et les jeunes ne sont malheureusement pas « armés » et sensibilisés aux dangers qu’ils encourent en partageant leurs données personnelles (localisations, photographies, numéros de téléphone, adresse postale, etc). La plupart d’entre eux n’utilisent même pas les confidentialité proposées par les différentes applications.

Les nouvelles technologies offrent, certes, une facilité de communication mais cachent des dangers multiples: cyberviolence, cyberharcèlement ou encore l’usurpation de l’identité numérique, entre autres.

Une enquête nationale du Haut Commissariat au Plan (HCP) sur la violence à l’encontre des femmes et des hommes, menée en 2019, avait relevé que la violence numérique touche 1,5 million de femmes et de filles.

L’enquête a montré que 13,8% des femmes marocaines âgées de 15 à 74 ans ont été victimes de violence électronique et que les filles et jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans en sont les plus touchées (24,4%).

Pour faire face à la cyberviolence faite aux femmes, le Maroc a adopté une approche globale et intégrée et ce, en harmonie avec le contexte national et la vision du Nouveau modèle de développement en la matière.

Pour combattre les violences faites aux femmes et aux filles via le virtuel, il est important de suivre une approche intégrée en misant sur la prévention, la sensibilisation, la protection, la prise en charge et le renforcement de l’arsenal juridique préventif et protectionniste, a souligné Mme Salma Tazi, qui est à la tête de la direction de la femme au sein du ministère de la Solidarité, de l’insertion sociale et de la famille.

Pour cela, la loi 103.13 et son décret d’application ont inclus un ensemble de mesures de lutte contre la violence numérique qui soutiennent ladite approche globale, a-t-elle déclaré dans un entretien accordé à la MAP à l’occasion de la journée mondiale des droits de la femme, relevant que cette loi, entrée en vigueur en septembre 2018, a constitué une révolution dans l’arsenal juridique marocain dans ce domaine.

Le chapitre 1-447 de cette loi stipule que « quiconque, délibérément, par quel que moyen que ce soit, y compris les systèmes d’information, recueille, enregistre, transmet ou distribue des déclarations ou des informations communiquées à huis clos ou en secret, sans le consentement de leurs propriétaires, est passible d’une peine de six mois à trois ans et d’une amende de 2.000 à 20.000 dirhams ». La même peine est infligée à tout un chacun qui, « délibérément et par quel que moyen que ce soit, installe, enregistre, distribue ou transmet une photo d’une personne qui se trouve dans un lieu privé, sans son consentement ».

C’est dire que le chemin reste long et sinueux en matière de lutte contre la violence à l’égard des femmes, surtout dans ses nouvelles formes numériques, tant que les réseaux sociaux et les différentes applications de communication ne sont pas utilisées à bon escient. L’éducation et la sensibilisation des femmes, notamment des jeunes filles, demeure dès lors un rempart pour se prémunir contre ces nouvelles formes de violence.

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