Économie، Politique

La CDG n’est pas une « boîte noire » : Le DG Khalid Safir dévoile la stratégie ambitieuse « CAP2030 » et l’arsenal de contrôle de l’institution

Le Directeur Général de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), Khalid Safir, a réfuté avec force, lors d’une rencontre avec les médias tenue hier jeudi au siège central de l’institution, l’étiquette de « boîte noire » souvent accolée à cet établissement financier stratégique.

Il a ainsi démenti les critiques concernant les méthodes de travail du bras financier de l’État, tout en insistant sur l’efficacité et la rationalisation de la gestion des ressources humaines.

Transparence et Gouvernance Multicouche

M. Safir a souligné que la CDG est soumise à des mécanismes de contrôle stricts et multi-niveaux, affirmant que le Fonds applique une politique de transparence dans ses transactions et ses investissements et qu’il a franchi des étapes majeures dans la « rationalisation » de ce secteur.

Il a détaillé le modèle de gouvernance garantissant la transparence et l’efficience de l’institution, mentionnant l’existence d’un système de contrôle multi-niveaux comprenant :

  • Une Commission de Surveillance intégrant des parlementaires, des juges et des représentants du Ministère des Finances.

  • Un audit externe.

  • Le contrôle de l’État via le Ministère des Finances et Bank Al-Maghrib.

  • Des comités spécialisés dans l’Investissement, l’Audit et les Risques.

Un Modèle Économique au Service de l’Intérêt Général

Le Directeur Général a rappelé que le modèle économique de la CDG repose sur la « transformation de l’épargne » : collecter des ressources à court et moyen terme (dépôts, retraites) pour les réinjecter dans des investissements à long terme à forte rentabilité financière et sociale, tout en veillant à un équilibre précis entre « rentabilité » et « utilité publique ».

« La Caisse de Dépôt et de Gestion n’est pas une simple institution financière, elle est un partenaire stratégique dans la construction du Maroc de demain, » a martelé M. Safir.

Il a ajouté que la stratégie « CAP2030 » n’est pas un simple plan d’action, mais un engagement ferme pour accompagner les grands chantiers royaux, renforcer la souveraineté nationale et créer une valeur durable pour les générations futures, tout en préservant la mission de protection de l’épargne des citoyens.

Des Chiffres Solides et des Missions Fondatrices

En présentant les grandes lignes de l’avenir du bras financier de l’État marocain, M. Safir a exposé la stratégie ambitieuse « CAP2030 », après avoir rappelé l’histoire et l’« ADN » de la CDG, fondée par Dahir en 1959.

  • Patrimoine Propre : Le DG a insisté sur un point crucial : la CDG gère des « fonds privés » distincts des biens de l’État, ce qui lui confère autonomie et flexibilité.

  • Missions Originelles : Celles-ci se concentrent sur la gestion sécurisée des fonds réglementés (Caisse d’Épargne Nationale, professions légales, dépôts judiciaires), la gestion des régimes de retraite (CNRA, RCAR) et la mobilisation de l’épargne pour le développement via des investissements structurants.

  • Solidité Financière : À fin septembre 2025, le bilan consolidé de la CDG et des entités qu’elle gère (CNRA et RCAR) s’élevait à environ 534 milliards de dirhams (MMDH), dont 363 MMDH pour la Caisse et 171 MMDH pour les régimes de retraite.

  • Sources des Fonds : Les dépôts constituent le cœur de ce système, atteignant 192 MMDH (dont 112 MMDH pour l’Épargne et la Sécurité Sociale, et 51 MMDH pour les professions légales).

Une Empreinte Historique dans la Construction du Maroc Moderne

L’exposé a retracé l’histoire de la CDG, démontrant son rôle central dans les grandes transformations du Royaume, allant des investissements structurants dans le tourisme et l’industrie dans les années 60 (création de la CGI, participation à la RAM et Lafarge), à l’organisation du système de retraite (RCAR) dans les années 70, jusqu’à la période actuelle de projets majeurs (CDG Capital, Jaïda, technopoles, aménagement de Bouregreg) et de « Maturité Stratégique » des années 2010.

Des Réalisations Concrètes : Un Acteur Incontournable

M. Safir a révélé que le Groupe a investi plus de 45 MMDH au cours des trois dernières années pour financer les grandes stratégies nationales (ports, autoroutes, chemins de fer, dessalement, infrastructures sportives pour la Coupe du Monde 2030).

  • Infrastructures Industrielles : La CDG a aménagé plus de 2 600 hectares de zones industrielles et fourni 790 000 m² de biens immobiliers pour l’Offshoring (Casablanca Nearshore, Technopolis).

  • Logement et Urbanisme : Près de 18 000 unités de logement livrées et 3 000 hectares de projets urbains développés au cours de la dernière décennie.

  • Tourisme : La Caisse détient 50 actifs touristiques, dont 4 grandes stations balnéaires (Saïdia, Taghazout), offrant plus de 17 600 lits.

  • Formation : L’Université Internationale de Rabat (UIR) – détenue à 52% par la CDG – est citée comme un modèle de partenariat public-privé.

CAP2030 : Le Futur de la Souveraineté Nationale

La stratégie « CAP2030 » représente la colonne vertébrale de l’avenir du Groupe, visant à consolider son rôle d’acteur de référence dans le développement.

  • Financements Multipliés : La CDG ambitionne de mobiliser jusqu’à 100 MMDH dans l’écosystème de financement d’ici 2030.

  • Cible de Croissance : Les dépôts devraient atteindre 210 MMDH (+31%) et les fonds propres bondir de +100% pour atteindre 30 MMDH.

  • Investissements Prioritaires :

    • 30 MMDH seront alloués à l’investissement et au développement territorial.

    • Plus de 10 MMDH seront dédiés à l’investissement en fonds propres.

  • Secteurs de Souveraineté : Les investissements seront orientés vers la souveraineté hydrique (dessalement, traitement des eaux usées), la souveraineté alimentaire (Agrotech), la transition énergétique (énergies renouvelables et transport électrique) et la souveraineté numérique (Data Centers, numérisation des services publics, Tech Valleys).

  • Coupe du Monde 2030 : La CDG jouera un rôle central dans le développement des infrastructures nécessaires (transport, hôtels, stades).

M. Safir a conclu en insistant sur l’adoption d’une approche de « Capital Patient » avec des horizons de remboursement longs (jusqu’à 30 ans) et des risques mesurés, une démarche que le secteur privé ne peut pas assumer seul, ainsi que sur le financement inclusif et vert.

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