Économie

Succès retentissant pour l’OCP : 5 milliards de dirhams levés via son emprunt obligataire perpétuel

Le géant mondial des phosphates, OCP S.A, vient de franchir une étape stratégique majeure sur le marché financier national. L’entreprise a clôturé avec un succès remarquable son émission d’obligations subordonnées perpétuelles par appel public à l’épargne. Cette opération financière d’envergure a permis de lever un montant global de 5 000 000 000 de dirhams, illustrant la solidité financière du groupe et la confiance indéfectible des investisseurs institutionnels dans sa stratégie de développement à long terme.

Selon le communiqué officiel de presse, cette levée de fonds se décline en quatre tranches non cotées (A, B, C et D), ayant chacune un plafond initial de 1 250 000 000 de dirhams pour une valeur nominale unitaire de 100 000 dirhams. Les résultats finaux par tranche démontrent un intérêt particulièrement massif pour la tranche A (révisable annuellement), qui a capté à elle seule 3 935 000 000 de dirhams pour 39 350 titres alloués. Les tranches B (révisable chaque 6 ans), C (révisable chaque 12 ans) et D (révisable chaque 20 ans) ont respectivement enregistré des allocations de 360 000 000 de dirhams (3 600 titres), 460 000 000 de dirhams (4 600 titres) et 245 000 000 de dirhams (2 450 titres). La flexibilité de l’opération prévoyait par ailleurs une méthode d’allocation au prorata avec un mécanisme de rehaussement des plafonds par paliers successifs de 250 millions de dirhams pour atteindre l’objectif global.

L’analyse du profil des souscripteurs révèle une forte mobilisation des acteurs clés de l’écosystème financier marocain. Les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) se taillent la part du lion avec une allocation hégémonique de 4 225 000 000 de dirhams. Ils sont suivis par les organismes de retraite et de pension qui ont injecté 500 000 000 de dirhams, tandis que les entreprises d’assurance et de réassurance ferment la marche avec un apport de 275 000 000 de dirhams. Cette diversification de l’actionnariat obligataire a été orchestrée par un consortium de premier plan, les sociétés CDG Capital et Attijari Finances Corp ayant agi en tant qu’organismes conseils, tandis que le placement a été pris en charge par CDG Capital et Attijariwafa Bank.

Sur le plan technique, cette émission se distingue par des conditions de rémunération attractives et des mécanismes de protection des rendements dans le temps. Pour la première période, les taux d’intérêt faciaux ont été fixés en référence aux courbes des Bons du Trésor publiées par Bank Al-Maghrib le 1er juin 2026. Ainsi, le taux de la tranche A s’établit à 2,87% pour la première année (incluant une prime de risque de 60 points de base), celui de la tranche B s’élève à 3,64% pour les 6 premières années (prime de 70 pbs), la tranche C affiche 4,18% pour les 12 premières années (prime de 80 pbs), et la tranche D culmine à 4,82% pour les 20 premières années (prime de 110 pbs). De plus, pour pallier l’absence de maturité fixe de cet emprunt perpétuel, des options de remboursement anticipé ont été intégrées aux dates clés du 23 juin 2032, 23 juin 2038 et 23 juin 2046, assorties de clauses de « step-up » prévoyant des majorations progressives du taux d’intérêt allant jusqu’à 75 points de base additionnels si les titres ne sont pas rachetés.

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