GADEM dénonce « des atteintes graves à la liberté de circulation des personnes»

12 septembre 2019 - 12:11

La Royal Air Maroc a détenu à l’aéroport de Casablanca, durant deux semaines, un citoyen congolais et l’a empêché de se rendre en France malgré sa situation régulière, annonce un communiqué de l’Association marocaine de défense des migrants (GADEM) reçu, mardi, par le journal « Al Oamk».

En transit à l’aéroport de Casablanca, la RAM a refusé, le 24 août, l’embarquement dans un vol pour Paris, du citoyen congolais BN, âgé de 61 ans et résidant régulièrement en France. Son passeport a ainsi été confisqué et il est resté bloqué en zone de transit dans des conditions inhumaines, « au motif qu’il ne disposerait pas de documents valides lui permettant d’entrer sur le territoire français », ajoute la même source.

GADEM (Groupe anti raciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants) estime qu’il s’agit d’ «une décision unilatérale» d’autant plus que la police aux frontières française a déclaré, après vérification, qu’il n’y avait, pour eux, « aucun problème d’ordre administratif» pour l’entrée de sur le territoire français de M. BN atteint d’un grave problème cardiaque.

Cette décision semble s’expliquer par la crainte de la compagnie marocaine de se voir sanctionner si elle achemine sur le territoire européen « des étrangers qui ne sont pas en possession des documents de voyage requis» en application de la loi européenne.

« À aucun moment, dénonce le communié, M. BN n’a reçu de notification écrite des autorités publiques marocaines et n’a été mis en position de faire valoir ses droits pendant ces deux semaines passées dans la zone de transit de l’aéroport. La RAM l’a finalement laissé prendre un avion le samedi 7 septembre 2019 pour rentrer à Paris sans plus d’explication».

GADEM déclare avoir suivi plusieurs situations similaires, notamment en juillet 2017 et appelle d’une part, la RAM à «mettre un terme aux pratiques abusives de contrôle de la documentation des passager-e-s et de refus d’embarquement», et d’autre part, les autorités européennes  à « réformer les dispositifs de sanctions aux transporteurs imposés par les législations européennes qui de facto obligent des compagnies de transports à effectuer un travail qui relève des prérogatives des garde-frontières.

 

 

 

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