Politique

Ces sont les signes de condoléances de la Fédération des savants musulmans d’Afrique du Sud au roi Mohammed VI

Parmi les centaines de messages de condoléances adressés à Sa Majesté le Roi Mohammed VI à la suite de la tragédie du tremblement de terre à Al Haouz, une lettre de la Fédération des savants musulmans d’Afrique du Sud, la plus grande organisation musulmane de ce pays avec 21 millions de membres sur une population totale de 70 millions, a particulièrement retenu mon attention. Le secrétaire général de cette université, Maoulana « Baham, » a adressé un message à Sa Majesté le Roi en disant : « Nos cœurs se tournent vers les familles et les individus qui ont perdu leurs proches, tout en priant pour un prompt rétablissement des blessés. Nous demandons également à Dieu de leur accorder patience et réconfort pour surmonter ces moments difficiles. » Il a ajouté en tant que musulman d’Afrique du Sud : « Nous ressentons une profonde tristesse et douleur pour cette tragédie. »

Dans le cadre de cette lettre, il a également exprimé la disponibilité des musulmans d’Afrique du Sud à aider leurs frères marocains. De plus, il a pris l’initiative de faire diffuser un communiqué dans toutes les mosquées en Afrique du Sud, appelant à prier pour la miséricorde et le pardon pour les victimes de cette tragédie déchirante.

En examinant le contenu de cette lettre, on constate qu’elle commence par des expressions de condoléances et de compassion envers Sa Majesté le Roi Mohammed VI en tant qu’Amir Al-Mouminine (Commandeur des Croyants), une formule ayant une signification religieuse profonde qui transcende le cadre linguistique pour exprimer une charge religieuse et éthique élevée, unifiant Amir Al-Mouminine et tous les musulmans. L’Imamat est considéré comme un cadre et une essence pour l’ensemble de la nation islamique, et c’est l’une des obligations les plus importantes de la charia.

L’Imamat du Commandeur des Croyants est une source d’inspiration pour le modèle politique de l’islam, qui repose sur la préservation de cet héritage politique islamique unique en tant que gardien unificateur des divers peuples musulmans, et cela ne peut être réalisé que par le Maroc en tant que détenteur de l’institution de l’Imamat des Croyants depuis plus de treize siècles. Cela fait du Maroc un détenteur d’institutions capables d’unifier l’ensemble de la nation islamique. L’Imamat du Commandeur des Croyants est une référence religieuse essentielle pour tous les musulmans africains, car elle défend leurs intérêts religieux et mondiaux. Ainsi, les rois alaouites ont toujours défendu la Maison de l’islam et préservé les ressources des musulmans. Défendre ces droits est l’une des premières obligations de l’Amir Al-Mouminine.

Les populations africaines musulmanes, en général, adoptent un mode de vie spirituel basé sur le soufisme, qui ne peut réussir qu’avec le soutien des érudits, car ils représentent la conscience de la nation et son capital symbolique puissant, impossible à neutraliser par quelque autorité politique que ce soit. Cette lettre de l’organisation islamique appelle clairement les dirigeants de l’Afrique du Sud à œuvrer en faveur d’une réconciliation véritable et globale entre l’Afrique du Sud et le Maroc. Ce qui les unit, c’est leur persévérance à réaliser la stabilité politique dans la région et à promouvoir les valeurs de solidarité et de fraternité entre les peuples africains, ce qui pourrait contribuer à résoudre les divergences idéologiques historiques.

Malgré les désaccords diplomatiques entre l’Afrique du Sud et le Maroc, de telles organisations islamiques dédiées à la solidarité et à la fraternité sont susceptibles de dépasser les différends politiques et diplomatiques étroits. Ces valeurs religieuses et humanitaires, avec leur profondeur et leur vitalité, peuvent offrir des solutions efficaces aux tensions entre les deux pays s’elles sont bien exploitées.

Nous pouvons rappeler ici, par exemple, de nombreux cas de solidarité islamique qui ont toujours lié les différentes populations africaines à l’Imamat du Commandeur des Croyants. Lorsque les autorités coloniales françaises ont exilé le Père de la Nation, Mohammed V, à Madagascar en 1953, seules quelques personnalités l’ont visité, dont le cheikh sénégalais Ibrahim Niass, qui a appris la voie Tijaniyya à Fès pour la propager au Sénégal, au Nigeria et en Guinée.

Pretoria et Rabat sont deux pôles essentiels en Afrique du Nord et du Sud, compte tenu de leur importance économique et politique. De plus, le volume des échanges économiques entre les deux pays dépasse six fois les échanges entre Pretoria et l’Algérie. À cela s’ajoute le recul de l’influence algérienne dans de nombreuses capitales africaines, tandis que le Maroc étend considérablement sa sphère diplomatique. Ces relations religieuses solides entre l’Imamat du Commandeur des Croyants et les musulmans du continent africain vont au-delà des complots visant à isoler le Maroc de son ancrage africain, des complots qui ne datent pas d’aujourd’hui, mais remontent au début du XVIe siècle et perdurent jusqu’à ce jour. À une époque où la mondialisation et l’interaction culturelle exigent de traiter avec des blocs régionaux puissants plutôt que des entités morcelées.

Malgré l’attachement idéologique de Pretoria aux thèses séparatistes de l’Algérie, les dirigeants de ce pays ne doivent pas ignorer l’impact politique des voix influentes appelant à renforcer les relations bilatérales avec le Maroc. Les associations de la société civile et les think tanks, ainsi que la présence active des Marocains là-bas, qui s’élèvent à 3 000, appellent à approfondir les relations avec le Maroc. Le message de ce dignitaire illustre la validité de cette orientation, car les élites dirigeantes sont les seules à être informées de la situation de la question du Sahara marocain. En effet, la langue de l’argent prévaut au sein du parti au pouvoir, dans le cadre de ce que l’on appelle « le groupe des 84 membres », tandis que le peuple ne sait rien de ce conflit artificiel.

Jusqu’à quel point de telles organisations de la société civile peuvent-elles influencer les décideurs politiques à Pretoria ? La mise en lumière du contenu de cette lettre réside principalement dans la puissance de son volet religieux, capable d’unifier les musulmans où qu’ils se trouvent au sein de cette organisation. Ils sont dominés par la présence équilibrée de la classe moyenne, notamment de médecins, d’ingénieurs et d’enseignants… Nous parlons ici d’une voie fondamentale susceptible de renforcer le rôle des acteurs non gouvernementaux dans le rapprochement des points de vue des deux pays sur de nombreuses questions cruciales, d’autant plus que les relations bilatérales entre eux sont marquées par des étapes historiques lumineuses. En 1962, le leader sud-africain Nelson Mandela a visité le Maroc pour renforcer sa position avec de l’argent et des armes, ainsi que pour former les soldats de la branche armée de l’ANC dans leur lutte contre le régime de l’apartheid.

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