Saham se désengage de l’assurance et vend la totalité de ses activités dans le secteur

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L’annonce a eu l’effet d’une bombe dans le monde des affaires: le groupe Saham se sépare de son activité historique, l’assurance. L’affaire, menée dans la plus grande discrétion, se préparait déjà depuis quelques mois et n’a été conclue officiellement qu’hier, 7 mars 2018, avec le géant Sanlam pour un montant de près de 15 milliards de dirhams.

Le Sud-Africain Sanlam a signé un chèque de 15 milliards de dirhams

Il faut dire que l’assureur sud-africain avait déjà pris des parts dans Saham Finances à plusieurs reprises. Une fois en 2015 à travers l’acquisition de 30% des actions, puis, une deuxième fois en décembre 2016 avec 15% supplémentaires. Depuis mai 2017, il était actionnaire à 46,6% et renforce, aujourd’hui, sa position en achetant les 53,4% restant, objet de l’accord signé hier par Moulay M’hamed Elalamy, le fils de Moulay Hafid Elalamy, directeur général de Saham Assurances.

« Au départ, c’était Sanlam qui nous avait approchés pour entrer dans notre capital. Cela avait coïncidé avec l’envie de certains de nos actionnaires de se désengager », raconte le directeur général de Saham Assurance et porte-parole du groupe. Depuis, beaucoup de choses ont changé et c’est finalement l’assureur marocain qui proposera au Sud-Africain de reprendre l’affaire, clé en main.

Une proposition en or quand on sait que Saham Finances affiche une santé « insolente » dans un secteur très concurrentiel (1,2 milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2016). Sans parler de sa couverture africaine, puisque l’assureur se targue d’avoir le meilleur footprint du continent avec une présence dans 26 pays à travers 35 compagnies d’assurance et de réassurance et 68 filiales.

Le secteur de l’assurance n’est plus aussi « juteux » qu’avant

Mais si l’acquéreur a tout à y gagner, quel gain pour la partie marocaine ? Passé le premier réflexe arithmétique, la décision de vendre au plus haut du cycle se révèle au fait très stratégique. « Précurseur sur le marché, Saham Assurance a pu profiter de marges confortables suite à ses offres commerciales innovantes avant d’être rattrapé par ses concurrents qui ont fini par calquer leurs produits sur ce qu’il faisait », analyse un spécialiste de l’assurance contacté par le HuffPost Maroc.

Une concurrence « collante » qui suivra le groupe de Moulay Hafid Elalamy jusqu’en Afrique. Plutôt que d’assister à la réduction jusqu’à peau de chagrin de ses bénéfices, l’homme d’affaires fera confiance à son flair légendaire et se séparera avec l’impassibilité qu’on lui connaît de sa filiale, même si on nous assure du côté de la direction que le ministre de l’Industrie n’est toujours pas au courant du contenu du contrat.

D’assureur à Fonds d’investissement panafricain

Délesté du pôle assurance, Saham Group opère ainsi sa mue pour se transformer en Fonds d’investissement panafricain. Le but: renforcer davantage sa position sur le continent à travers des prises de participation de contrôle dans les secteurs déjà maîtrisés par le groupe (éducation, santé, offshoring), mais également dans d’autres moins connus (agriculture, etc.). « Nous ne nous refusons aucun nouveau métier tant qu’il est créateur d’emplois et innovant », résume Moulay M’hamed Elalamy.

Dans cette optique de transformation, le groupe Saham a également procédé à une simplification de son actionnariat en rachetant les parts du groupe français Wendel qui était entré dans le tour de table de Saham en 2013. « Wendel n’avait tout simplement pas la vocation d’être un fonds de fonds, c’est la raison pour laquelle il a souhaité se désengager », explique le patron de Saham Assurance.

Une OPA prévue au plus tard pour novembre

Aucune indiscrétion n’a filtré sur les éventuels projets africains qui seront financés par ce nouveau fonds, mais on sait déjà qu’avec la réforme de la bourse qui est en préparation, le groupe Saham lorgne sur la possibilité de lever des fonds en devises à la bourse de Casablanca, ainsi qu’aux possibilités de doubles cotations, notamment dans le cadre du statut CFC (Casablanca Finance City).

À noter que la cession ne sera finalisée qu’après avoir reçu l’accord des autorités régulatrices. Une formalité que le groupe Saham espère régler au plus tôt vers le mois de juillet et au plus tard au mois de novembre de cette année. Une offre publique d’achat (OPA) sur l’actif flottant sera lancée trois jours après le closing.

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